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"Liberté rêvée..." : ma fierté

 

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 Sujet :

"Liberté rêvée..." : ma fierté

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Profil : Etranger
luap1
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  2. Posté le 23/07/2017 à 03:17:51  
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Bonjour à tous,

J'ai posté plusieurs fois sur ce forum pour demander des conseils. Aujourd'hui, j'aimerais vous proposer la lecture d'une nouvelle que j'ai écrite : << Liberté rêvée... >>. Je l'ai réalisée dans le cadre de la Littérature et Société, mon enseignement d'exploration de 2nde :) Elle a été pour moi comme une "thérapie", pour tenter de mettre un point final à une histoire d'amour qui s'est assez mal terminée... (voir ce fil : http://forum.ados.fr/love/homo [...] 93_1.htm). Ainsi, plusieurs éléments viennent de ma propre histoire.

Bonne lecture ; j'attends vos avis !

PS : Comme elle est assez longue, je pense publier à peu près un chapitre par message



Le 27 septembre 1988

Cher journal,

Moi, c’est Vladimir. Je suis né le 27 septembre 1978 dans une maternité de Saint-Pétersbourg, en Russie, et aujourd’hui, j’ai dix ans ! Je viens de te recevoir pour mon anniversaire : tu ne peux pas savoir à quel point je suis content ! Tu es très joli, avec ta couverture rouge, et tes pages jaunes. Comme on se connaît pas beaucoup tous les deux, je vais te parler un peu de moi.
Ma maman, qui s’appelle Maria, est maîtresse d’école. C’est elle qui m’a appris à compter ! J’ai aussi deux sœurs, et un père, qui s’appelle aussi Vladimir. Mon père, lui, travaille dans une importante usine de la ville. Je ne le vois pas beaucoup… Un jour par semaine : le dimanche. Dès que le réveil sonne, mes sœurs et moi, on va dans la chambre de nos parents, et on se jette au cou de notre père ! À chaque fois, il se réveille en sursauts et pousse une grosse colère, qui passe assez vite. De toute façon, vaut mieux ne pas trop le chercher, mon père. Parce qu’il fait un mètre quatre-vingt-dix, chausse du quarante-cinq, et a des très très gros muscles…
Ensuite, on va tous à la cuisine pour prendre un petit-déjeuner. On trouve plein de nourriture sur la table ! Du lait, des syrniki avec de la confiture, de la kacha, et même parfois des vareniki quand on est sage. J’adore ça ! L’ambiance à table est assez froide, et on ne parle pas beaucoup. Le midi, c’est un peu la même chose. Mais j’aime bien être quand même avec ma famille.
L’après-midi, on va se promener dans Saint-Pétersbourg pour digérer. À chaque fois, je me mets entre mes parents, et je leur demande de me faire bondir du sol avec leurs mains. Quand ils font ça, j’ai l’impression de devenir très grand et fort... un peu comme mon père ! Mais quand je fais ça, mon père s’arrête brusquement, prend un air de méchant, et dit froidement : « Rester humble et faire de son mieux : c’est ça, la clé de la réussite. Ne l’oublie pas ». Je ne dis rien, évidemment : je ne veux pas recevoir une fessée…
Ensuite, on va retrouver des amis de mon père et de maman dans un café. Là, ils parlent tous les deux de trucs pour les grands, comme « la politique ». J’y comprends pas grand-chose, et ça m’ennuie beaucoup… Ensuite, Maman, elle, elle parle avec ses copines des bêtises que font ses élèves, ou alors du nouvel amoureux de la voisine. Mon père, il dit que Maman est une « commère » : c’est quoi ça ? Ah, et aussi, mon père et ses amis, ils me parlent des amoureuses qu’ils ont eues quand ils étaient plus petits…
Quand on part du bar, Maman doit payer beaucoup d’argent, à cause de tout ce qu’a bu mon père. Quand je lui demande pourquoi elle ne lui en fait pas la remarque, elle me dit : « Oh, mon chéri… tu sais, ton papa, il travaille dur, pour pouvoir vous élever, tes sœurs et toi. Alors il faut bien qu’il s’amuse un peu avec ses copains, tu ne penses pas ? » En disant cela, elle me fait un sourire fragile, que je lui rends volontiers. Je l’aime, Maman.
Après être rentrés à la maison, on va dans le jardin, et on s’allonge au soleil pour regarder les nuages. Maman, quand elle fait ça, on dirait une vraie enfant ! Elle cherche des formes aux nuages, et, parfois, c’est dur à trouver. Moi, je préfère regarder la nature : elle est vraiment très belle... Mais je me fais à chaque fois embêter par mon père, qui crie en faisant du ballon avec mes sœurs. J’aime pas trop le ballon : c’est bête, comme jeu.
Quand j’ai fini de regarder les animaux, je vais avec Maman, et je m’amuse avec elle à embêter un peu ma famille. On rit beaucoup tous les deux. Parfois, on dit : « Allez, cours plus vite ! », « Ah, raté, Agrafena : tire plus à gauche la prochaine fois ! » ou encore « Alors, Alisa, on fatigue ? » Mais ça énerve mon père, qui, quand il est trop fatigué pour continuer à jouer, dit à maman de préparer à manger. Il a sa fierté !
Tous à table, alignés, mes sœurs, mon père et moi, on attend que Maman nous serve sa soupe du dimanche, dans nos petits bols blancs à rayures bleues. Dedans, il y a des carottes, des poivrons, des patates douces, du sel… et un ingrédient secret, qu’elle ne veut pas me dire ! Apparemment, il se transmet de mère en fille.
Quand on a fini de manger, on va se laver, puis on va dormir. Mais avant ça, mon père vient nous raconter une histoire ! Il nous raconte la plupart du temps des histoires qui font peur, avec des poupées de vieux tissus qu’il a fabriquées. La semaine dernière, il nous a parlé du… Lalomena. Mon père nous en a montré une vieille photo… Il a deux grandes cornes, peut chanter et danser, et est aussi rouge que lui quand il se met en colère ! Il vit dans l’eau, aussi. Mon père m’a même raconté que, quand il sortait de l’eau, chacun de ses pas était comme un tremblement de terre. En colère contre les hommes, qui le chassent pour ses cornes, il « dévorerait les petits garçons comme toi d’un seul trait ! », explique mon père… Mais moi, ça me fait pas peur ! Et puis, d’abord, je sais très bien que ce monstre existe pas ! Enfin… je crois en tout cas… Hein, qu’il existe pas… ? Brhhh, ça me fait un peu peur, quand même, en y repensant…
Aller, je vais te laisser, journal : je dois aller dormir pour aller à l’école, demain ! Maman dit que c’est très important d’aller à l’école, pour avoir un bon métier plus tard.
À bientôt.
Message édité par Luap1 le 08/08/2017 à 01:39:53

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~ Il n'y a pas de phrase plus dangereuse au monde que celle-ci : « on a toujours fait ça comme ça ». ~
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Profil : Etranger
luap1
  1. answer
  2. Posté le 23/07/2017 à 03:19:44  
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Le 27 septembre 2013

Cher journal,

Je viens de te retrouver aujourd’hui, en faisant une recherche dans un carton se trouvant chez mes parents. Je me suis dit que cela pourrait être amusant de recommencer à te parler.

Vingt-cinq longues années se sont écoulées, depuis la dernière fois où j'ai écrit entre tes pages... Ma vie a bien changé. Je vis désormais à Moscou, où j’ai déménagé pour mon travail. Mais pas seul : ma famille m’y a suivi, et j’ai à présent une épouse, Lioudmila. Une très belle femme ! De sublimes cheveux blonds dont la longueur n’en finit pas, des dents blanches comme l’ivoire, une bouche en cœur dotée de lèvres rouges magnifiquement dessinées, ainsi qu’un regard bleu à la fois glacial et enjôleur : ma femme a tout pour elle. Et tu sais quoi ? Elle est hôtesse de l’air, et adore voyager. Sa capacité à s’émerveiller de chaque pays que nous visitons ensemble est merveilleuse, d’ailleurs. Quelques fois, je dois admettre que cela me surprend qu’elle m’ait choisi. Autrefois, elle a eu de nombreux prétendants à sa disposition, tu sais. Et ceux qui l’ont courtisée n’avaient souvent rien à m’envier. Possédant un physique assez commun, avec des cheveux bruns clairs très courts, presque inexistants, ainsi qu’une musculature que moyennement développée, on me définit parfois comme étant « petit ». De surcroît, même si je suis loin d’être paresseux, je ne possède pas une intelligence hors-du-commun.

Régulièrement, en compagnie de Lioudmila, je me rends à des galas de charité organisés par mes collègues de travail. Je hais ces soirées… Autour d’un buffet de nourriture gargantuesque qui ferait pâlir d’envie plus d’un obèse, des hommes et des femmes fortunés se plaignent de l’ambiance, en trouvant à redire sur la nourriture, qui n'est pas à leur goût alors qu’elle a coûté un prix astronomique. Entre deux ragots, des hommes s’échangent quelques plaisanteries et rires hypocrites avec, pour objectif à peine dissimulé, de soutirer de l’argent à l’autre...
Quand je vois ces affligeants spectacles, j'ai juste envie d'exploser, et de m'égosiller sur tous ces pauvres gens imbus de leur personne. Mais, comme le procédé de socialisation l'impose, je dois me conformer à eux en faisant une tête de guignol. Ah, que j’aimerais vivre en compagnie de personnes qui m'aiment vraiment, et qui ont de la valeur pour moi grâce à leur cœur, leurs sentiments, leurs qualités et leurs défauts... et non aux contenus de leurs porte-monnaie.

Et... je dois t'avouer une chose, cher journal... ce petit grain de bonheur, je l'ai trouvé. Si tu savais à quel point je souris comme un idiot en ce moment ! Avoir cette personne dans mes bras, ou tout simplement sur mes genoux, ou encore tenir ses mains si douces, regarder ses yeux marrons étincelants, qui, dans un brin de malice, semblent me dévisager comme si j’étais la plus belle créature au monde… Aujourd’hui, lorsque son visage, – aux traits un brin sévères mais pas moins séduisants –, parvient à mes pensées, cela fait comme démarrer mon cœur, qui se met tout à coup à accélérer tel un cheval au galop. Et ses lèvres… malgré le temps qui passe, elles me paraissent encore si charnues, et, rien qu’à penser à leur douceur, mon esprit quitte mon corps pendant quelques secondes, et va rejoindre les dieux les plus charmants dans les nuages. Pourtant, originellement, cette personne n’était pas spécialement mon idéal physique. Mais je pense que c’est son côté juvénile et un poil immature qui a contribué au vol de mon cœur. Et sa voix... a-t-on déjà entendu pareil son ? Au naturel, elle part quelque peu dans les aigües… mais, aux rares moments où nous sommes tous les deux, elle devient si sensuelle et grave qu’elle ne laisserait pas insensibles les pires rabats joies de l’amour.
Quand nous nous voyons, je suis partagé par deux émotions : le bonheur de lui parler, et d’être en sa compagnie, d’abord ; mais une immense frustration vient vite rejoindre ce sentiment si joyeux, en pensant à l’instant où nous devrons nous séparer. En trois mots : je suis amoureux. Et, cher journal, crois-moi : aimer une personne avec un grand A est probablement l’une des plus belles façons de le faire. Depuis que nous nous connaissons, j’ai vraiment perdu tout sens de la raison. Et, à chaque fois que je pense à lui, je laisse mes sentiments prendre le dessus, et me submerger.

Il s’appelle Adam Martin, et a un an de plus que moi. Fils d’une actrice russe et d’un peintre français, Adam a appris très jeune à être humble, travailleur, ainsi qu’extrêmement modeste. Sa mère, Angela, est originaire de la ville de Moscou. Elle y a rencontré le père d’Adam, Pascal, en 1976. Ce dernier s’est alors installé en Russie dans l’optique de trouver de nouvelles inspirations pour ses peintures. Le coup de foudre a été immédiat entre les deux artistes, qui se sont mariés quelques mois plus tard. Ils ont mis au monde mon petit ami un an après, en 1977. Ses parents l’ont évidemment initié très tôt à l’art de la peinture, et à celui de la comédie. Mais, arrivé à l’âge adulte, étant depuis tout petit passionné par les chiffres, le jeune homme qu’il est a finalement décidé de faire des études dans le domaine de la finance. Très jeune, mon amant a pu prétendre à la place de directeur de banque. Le saint graal ! En y réfléchissant un peu, je pense que c’est le fait qu’il n’ait, comme moi, plus vraiment de père, qui nous a réellement rapprochés. En effet, vers 1985, après plusieurs années heureuses passées en Russie, ses parents ont pris la décision de divorcer. Son père est retourné vivre en France, avec le reste de la famille paternelle d’Adam. Un éloignement difficile, d’autant plus qu’Adam était assez proche de lui. Ce n’est que bien plus tard que nous nous sommes rencontrés, à l’une des soirées dont je t’ai parlé précédemment. Je m’en souviens encore… Adam portait un veston et un pantalon noir, accompagnés d’une chemise blanche, et arborait un visage extrêmement souriant. Un vrai sourire. Sincère, comme je les aime.

Malheureusement, le monde où je vis m'interdit de vivre cet amour. Pourquoi ? Comment réagirait mon cher alcoolique de père, en sachant qu’il me dit, depuis tout petit, que « La femme et l'homme existent pour se compléter. Deux personnes du même sexe s'embrasser ?! Horreur ! » Et, avoue-le, cher journal : quand on voit qu’il existe, en Russie, en 2013, des personnes, - nées et vivant en Russie depuis des années, - qui sont traquées au seul motif d’avoir « osé » tomber amoureux de quelqu'un du même sexe... cela ne donne pas vraiment envie de montrer cette passion, aussi belle et forte soit-elle.

Je dois te dire, cher journal... au fond de moi, j'ai un rêve. Oui, un rêve. Ce serait de vivre simplement. Comme tout le monde. Avec l’homme que j’aime.

Bien à toi.
Message édité par Luap1 le 23/07/2017 à 03:25:07

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~ Il n'y a pas de phrase plus dangereuse au monde que celle-ci : « on a toujours fait ça comme ça ». ~
Profil : Etranger
luap1
  1. answer
  2. Posté le 23/07/2017 à 03:20:28  
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Le 30 septembre 2013
 Cher journal,
 Ce midi, comme chaque dimanche, Lioudmila et moi sommes allés manger chez mes parents. S’y trouvaient également mes deux sœurs, Agrafena, accompagnée de son mari, et Alisa, très discrète. Un repas assez gênant, ponctué de « Alors, quand comptez-vous avoir des enfants, tous les deux ? » venant de Maman. Tel le bon russe un peu ignare qu’il est, mon père en a profité pour critiquer vulgairement plusieurs sujets : les travailleurs de son usine, qui, selon lui, sont « de parfaits bons à rien ! », le système politique de la France, qu’il trouve « de plus en plus nul ! Vous vous rendez compte le nombre d’assistés ? Le nombre de voyous, qui, chaque année, passent leurs frontières sous prétexte de connaître la « misère » ? Tous des comédiens, moi, je vous le dis ! Ce pays devient vraiment le berceau de toutes les extravagances »… avant d’attaquer un débat encore un peu plus sensible… « Vous vous rendez compte ? Cette noire, qui n’est même pas une véritable française : elle veut ouvrir le pacte du mariage aux pédés ! Franchement, dans quel monde vit-on ? » Des propos que ma sœur Agrafena a totalement cautionnés, encourageant même mon père à l’aide de « Tu as raison, papa ! » ou « Je suis tout à fait d’accord avec toi. Par moment, j’aimerais revenir quelques années en arrière… à l’époque où notre société russe était structurée, et éliminait tous ces parasites. » Quelle fayote, cette journaliste.

 Ah, heureusement qu’il y a les différentes étapes du repas pour me servir d’îlot auquel me raccrocher, au beau milieu de ce torrent de jurons et d’insultes déferlées par mon géniteur et ma « sœur ». Mais ils ne m’atteignent plus. Je suis amoureux. Quelques fois, je m’amuse même à imaginer leur réaction, si je leur annonçais la nouvelle. Ce serait assez comique. Et hop : deux crises cardiaques pour le prix d’une !

 Après le dessert, Lioudmila, fatiguée, est invitée par ma mère à aller se reposer dans la chambre d’amis de l’appartement. De mon côté, je laisse ma « moitié » afin de m’installer dans le canapé de notre salon, dans le but de regarder un film avec le reste de ma famille. Maman et mon père s’amusent à commenter le physique des acteurs. Ce ne sont pas mes sœurs ou mon beau-frère qui les contrediront : tandis que les premières rient à chaque petit instant drôle de la production, le second, lui, reste silencieux en abordant un grand sourire. La raison ? Agrafena, qui lui tient discrètement la main, en le regardant de temps à autre de façon amoureuse… Ils sont certes un peu niais, mais tout de même assez mignons.
En vérité, cher journal, même si je prends un air détaché et peut-être même un peu répugné… eh bien je dois avouer que j’aimerais que chaque instant que je passe en compagnie des personnes de mon sang soit ainsi. Car quel beau et émouvant portrait de famille nous formons, dans ces moments-là !

 À la fin du film, ma mère insiste pour que nous mangions un morceau. C’est là qu’une énorme part de vatrouchka surgit de la cuisine, accompagnée d’un verre de lait et de deux ou trois bonbons de la marque Alenka, enveloppés dans de petits papiers roses et bleus. Tout en plaisantant, ma famille et moi dégustons ce petit encas très appétissant, qui me rappelle la douce époque de mon enfance.

 Dix-huit heures : il est l’heure pour moi de rentrer au domicile conjugal. Pendant que le mari de ma sœur est chargé par maman d’aller réveiller Lioudmila, le reste de ma tribu me raccompagne à l’entrée de l’appartement. Je m’attends alors à ce que nous échangions quelques discours courtois, comme « Dis à ton chauffeur de faire attention à la route ! » ou « Au plaisir de se revoir la semaine prochaine », comme d’habitude. Mais mon père vient casser la monotonie de ce moment, en se tournant vers moi et en m’adressant un : « Tu peux venir avec moi ? J’ai à te parler entre hommes », le visage fermé, d’un air froid et distant. Je fais oui de la tête, avant de le succéder dans sa marche. Notre cortège est suivi du regard par mes sœurs et ma mère, qui semblent tout aussi interrogatives que moi sur la tournure que va prendre la suite des événements…

 Dans un silence que l’on pourrait qualifier de morbide, nous longeons tous deux un long couloir qui nous fait déboucher devant la chambre de mes parents. Tout en me montrant la pièce du doigt, mon père me lance un « Entre », avant de fermer la porte à clé. Je lance la conversation.

 « Pourquoi m’as-tu fais venir ici ? Qu’est-ce que tu as à me dire de si important au point qu’il faille s’isoler du reste de la famille ?
- Écoute. Je ne vais pas y aller par quatre chemins : je sais tout.
- Quoi ? Qu’est-ce que tu sais ?
- Tout à l’heure, je suis allé dans la buanderie pour prendre vos manteaux, à Lioudmila et toi. Et, au moment où je me suis saisi du tien, un petit bout de papier en est tombé.

 Je commence à m’affoler intérieurement. Je viens de saisir de quoi il parle. « Je t’aime, chéri. Signé Adam. » Voilà ce qu’il y avait de marqué sur ce petit billet, que je gardais précieusement dans ma poche afin de le regarder dans les moments de blues où mon cher et tendre me manquait. Désemparé, je tente tout de même de ne pas montrer de signe extérieur de mon état à mon père. S’il y a une chose que j’ai appris depuis mon enfance, c’est qu’il ne faut pas paraître faible devant l’ennemi. Quoiqu'il arrive.

 - Ah… et… que disait-il, ce bout de papier ?
- Que tu n’étais qu’un malade, mon fils. Un grand taré. Une pédale. Une folle. Une erreur de la nature. Et encore, c’est flatteur de considérer que tu es un fruit de Dame Nature… Un monstre de la pire espèce. Une vermine, qui ferait s’éteindre la race humaine si sa maladie s’étendait au reste du monde. Tu n’as donc pas retenu ce que je te disais depuis tout petit ? Tu sais ce qu’on en fait, des gens comme toi ? On tente de les soigner. On les met dans des hôpitaux ou des centres spécialisés, pour les rendre normaux et sains pour le reste de la société. On les rend humains, tout simplement. Car tu n’es plus humain, à mes yeux. Et Lioudmila ? Tu as pensé à Lioudmila ?! Et ta mère ??! Comment tu comptes avoir une famille, hein ?! Une vraie famille ! Pas une « famille » avec deux hommes comme on en voit naître en ce moment en France !

 Je suis abasourdi… À vrai dire, je m’attendais à une telle réaction venant de sa part, mais je ne pensais pas que ce cauchemar se réaliserait un jour.

 - Et… que… maman est au courant ?
- Non. Il n’y a que moi. Tu n’imagines même pas à quel point ta mère serait choquée, si elle apprenait cela. Et je garderai ce secret. Mais tu dois me promettre une chose.
- La… laquelle ?
- Ne plus revoir ce type. Et arrêter de penser à toutes ces conneries. Tu es né homme, et je t’ai appris à être un homme. Tu dois agir comme un homme. Et tu as Lioudmila. Cette fille est tout à fait correcte. Une rareté. Et vous aurez de fabuleux enfants ensemble. Un garçon et une fille au moins.
- Tais-toi. Tu as beaucoup trop parlé. Maintenant, c’est à moi de m’exprimer. Comment peux-tu me demander d’être une personne que je ne suis pas ? Comment peux-tu me dire de rester jusqu’à la fin de mes jours avec une femme que je n’aime pas réellement ? Tu m'as toujours dit que le plus important était que je sois une personne honnête, et qui s’en sorte dans la vie, putain ! Tu dis que je suis un monstre… mais c’est bien toi la bête sans cœur, dans l’histoire. Dame Nature m’a donné la capacité d’aimer. Qu’y puis-je si mon amour est destiné à un homme ? J’aime Adam. Et je suis comme je suis : ni toi, ni personne d'autre, ne me fera changer. Jamais.
Mon père reste sans voix. C’est la première fois que je lui tiens tête.... Je crois l’avoir assommé avec ce pavé. Un petit sourire fier et provocateur me vient. Mais c’est mal le connaître…
- Ouh, Môsieur veut se rebeller ? Môsieur croit être soudainement devenu un homme responsable en tenant tête à son vieux père ? Eh bien, si tu es devenu un homme comme tu veux me le montrer…

 Il s’approche de moi et me pousse en arrière, en me forçant finalement à m’assoir sur le lit de la chambre. Ensuite, c’est le col de ma chemise dont il se saisit, avant de me lancer un regard noir. Très noir. Profondément noir. Dans l’obscurité de la chambre, mon père commence même à me faire sérieusement peur. Il ressemble à… une bête. Soudain, il se met à se pencher sur moi jusqu’à m’empêcher toute respiration. Mon cœur se met à battre. De plus en plus fort. Dans une sérénité à la fois déconcertante et angoissante, il entame sa tirade finale en articulant de manière exagérée.

 - Regarde-bien mes lèvres, Vladimir. Je ne le répéterai pas deux fois. Soi tu fais comme je t’ai dit, en rompant tout contact avec ton… « Adam »… soi je serai obligé de me débarrasser de toi de la manière forte. La Russie est bien équipée, face aux vermines de ton genre. »

 Petit à petit, il se relève, me laissant à nouveau la capacité de renouveler l’air de mes poumons. Pas un bruit. « Je te laisse quelques jours pour réfléchir. Donne-moi ta réponse la semaine prochaine », m’annonce-t-il en toute tranquillité, son fameux rictus sur la figure, comme si toute la scène terrifiante d’avant ne s’était jamais produite.

 Sur mon lit, je reste statique. Ma tête dans mes mains, je veux lâcher une larme, mais une petite voix dans ma tête me dit : « Non, Vladimir. Ne fais pas ça. Tu lui ferais trop plaisir. Réfléchis. Réfléchis ! » Je réfléchis. Que faire ? Je pourrais m’enfuir... mais mon père aurait vite fait de me retrouver. Il a l’air tellement fou…
Le moral au plus bas, je sors de la chambre. Je me regarde dans un miroir du couloir. À cet instant, je peux constater que je n’ai jamais affiché un visage aussi triste de toute mon existence. Mais je ne veux pas non plus risquer de compromettre ma vie, ou, pire celle d’Adam. Une seule solution semble indiquée… rester dans la norme de manière définitive, et laisser mourir l’amour que j’ai pour mon amant, en l’oubliant. Enfin… Je dois retourner voir ma famille. Autrement, Lioudmila va commencer à s’inquiéter, en ne me voyant pas à ses côtés…

 Rentrés chez nous, Lioudmila et moi filons directement au lit après avoir dîné, fatigués de cette longue journée chez mes parents. Je la regarde. Elle est très belle, quand elle dort. Ses cheveux blonds s’entremêlent dans une sorte de désordre étudié, et forment une rivière dorée, au fond de laquelle l’on peut admirer ses deux petites paupières, qui cachent ses beaux yeux bleu ciel. Juste en dessous de ceux-ci se trouve son petit nez aquilin. Certains lui trouveront bien des défauts ; mais moi, je dois dire qu’à la seule vision de la petite bosse dont il est doté, j’ai l’impression d’entreprendre l’ascension des plus hautes montagnes du monde. C’est bien cela : cette femme me fait voyager. Avec son imagination, son intelligence, et sa douceur, elle a tous les points pour faire de moi un époux comblé. Honnêtement, je peux dire qu’elle fait une très bonne amie. Mais là est bien le problème : je ne l’aime pas comme je devrais le faire. Je ne l’aime pas comme j’aime Adam. Adam. Adam. Comment me sortir un jour ce prénom de la tête ? Bon. Autant dormir, en attendant.

Après tout, comme l’a dit un acteur français du vingtième siècle : « La nuit, ça change tout la nuit, c'est merveilleux, la nuit »

« BIP, BIP, BIP » MmmmHHHHmmhhh ? Je me réveille. Je me lève. Je regarde le réveil. Quelle heure il est, déjà… ? Quoi ? Deux heures du matin ?! Ah, Lioudmila a encore mal réglé ce foutu enfin… quoi ? Tiens, non, ce n’est pas lui qui sonne comme ça… Mais d’où ce bruit peut-il venir, alors ? Soudain, je reconnais la sonnerie de mon téléphone portable. Qui peut appeler à une heure pareille ?

 Je me saisis de l’appareil, et me dirige vers mon bureau pour éviter de réveiller mon épouse. Un petit « Allô ? » retentit au bout du fil. Je reconnais la voix de maman... Hein ? Maman ?!
« Maman ? Mais… Tu as vu l’heure ? Cela ne peut-il pas attendre demain ?
- Tais-toi, s’il-te-plaît. Et, puisque tu me poses la question de façon si aimable, non, « cela ne peut pas attendre demain », Vladimir Vladimirovitchkim.
Je perçois une once inhabituelle de tristesse dans la voix de ma mère. Elle semble avoir la gorge nouée. Et le fait qu’elle emploie mon second prénom pour me parler n’est pas un signe des plus rassurants…

 - Je t’écoute, maman.
- Je t’appelle pour te parler de ce qui s’est passé à la maison, tout à l’heure…
- Oui ?
- La colère de ton père à ton égard n’était pas habituelle… De là, j’ai su qu’il y avait quelque chose qui n’allait vraiment pas. Et j’ai pu remarquer qu’elle s’était déclenchée exactement quand il est sorti de la buanderie. Et… je ne saurais l’expliquer, mais une sorte de flux – mon instinct maternel, sans doute… m’a poussée à aller voir dans la buanderie. Et, par terre… j’y ai trouvé le fameux… petit papier.
Mon teint devient pâle.
- Tu… tu… ?
- Tais-toi. Je t’en prie, tais-toi. Contente-toi de répondre précisément aux questions que je vais te poser.
- D’accord.
- Premièrement : depuis quand connais-tu ce… cet homme ?
Ça y est : j’ai donc à présent la confirmation que ma mère connait mon secret.
- Depuis plus d’un an. Je l’ai rencontré à une soirée organisée par mon travail. Il est le directeur d’une banque assez importante. Il gagne très bien sa vie. Il est aussi très intelligent. Il lit beaucoup, et c’est un grand amateur d’art.
- Je vois. Et… que… enfin… qu’est-ce… qu’est-ce-que… Mmh. Pourquoi es-tu avec lui ? Qu’est-ce qu’il t’apporte de plus que Lioudmila ?
- Un sentiment que je n’ai jamais éprouvé auparavant. En son absence, j’ai l’impression d’être une simple coquille vide. Je ne me suis jamais senti aussi vivant. Quand je pense à lui, je me mets à sourire tout à coup comme un con. Tout ceci est très niais, je sais. On se croirait presque dans un rêve, ou un roman à l’eau de rose…


Plusieurs secondes de silence. Cela me semble éternel. Tout à coup…

 - Vladimir…
- … oui, maman ?
- J’ai encore une interrogation…

 À ces termes, une profonde douleur se crée dans mon cœur. Encore plus intense que celle éprouvée avec mon père la veille. Les questions se bousculent dans ma tête. Mais qu’est-ce qu’elle va me dire ? Qu’est-ce qu’elle va penser de moi ? Vais-je la décevoir ? Va-t-elle ma renier ? Va-t-elle crier, ou, plutôt, s’évanouir ? Ou tout simplement, s’indigner de m’avoir mis au monde ?

 - … Prétendrais-tu être… amoureux de… d’un homme ?
OUAW ! J’en tremble encore. Un électrochoc. C’est ce qu’est cette bride de mots. Venant de ma mère, ceux-ci m’ont fait sortir de mon état stoïque.

 - Oui. Oui, maman, je prétends être amoureux de lui. Et je suis convaincu que lui aussi.

 Mon imagination se met peu à peu en route. Dans un coin de ma cervelle, je fantasme sur l’expression que son visage pourrait actuellement laisser paraître. Est-elle rouge de colère ? A-t-elle des larmes au coin des yeux ? S’accroche-t-elle désespérément au téléphone en espérant du plus profond d’elle-même que tout ceci ne soit qu’un mauvais rêve, et que je sois bien le « bon petit garçon hétérosexuel », marié à une femme, qui lui donnera deux beaux-petits enfants, un garçon et une fille ?

 - … Je t’aime, mon petit garçon.

Quoi ? Mais quel rapport ?

- Je ne vais pas te mentir : dès le jour de ton mariage avec Lioudmila, j’ai vu que tu n’allais pas t’épanouir avec elle. C’est une fille très bien. Mais tu ne la regardes pas de la même façon qu’Agrafena avec son mari. Au fond de toi, je sais que tu éprouves un profond attachement pour Lioudmila. Mais pas de l’amour, n’est-ce pas ?
- … Oui.
- Tends bien ton oreille, car, ce que je te dis maintenant, je n’aurais pas cru le dire un jour à l’un de mes enfants.
- Je te donne toute mon attention, maman.
- Avec ton père, cela fait… oh, je ne sais même plus très bien à vrai dire. Trente ? Trente-cinq ans ? Ou peut-être même quatre décennies que nous vivons tous les deux. Il m’apporte assez de confort matériel pour que je n’aie pas à me plaindre, et je ne peux pas dire que nous n’avons pas vécu de bons moments ensemble. Mais le problème n’est pas là. Le problème, c’est que je n’ai pas pu choisir avec qui je finirai mes jours. Et je sais que, si j’avais eu le choix, je ne me serais pas unie à lui. Nous avons beau eu avoir trois beaux enfants, ainsi qu’une vie stable et bien rangée : je n’ai jamais pu totalement faire taire cette petite voix à l’intérieur de moi, qui me dit : « Tu ne l’aimes pas. Ce n’est pas un homme pour toi. Cherche quelqu’un d’autre, bon sang ! » Avec ce mariage, je suis parfois allée jusqu’à ravaler ma dignité. Tu crois vraiment que cela me plaît, de passer pour le fantôme, la potiche de la maison ?! Aujourd’hui, en trouvant ce petit bout de papier, j’ai enfin le pouvoir de te conseiller. Je ne vais pas te dire que j’approuve tes choix de vie, et que je n’aurais pas plutôt préféré que tu sois avec une femme… Mais je ne peux pas te laisser commettre la même erreur que moi. Alors si c’est Adam que tu ai… aim… Enfin, avec lequel tu te sens bien, et que c’est le cas pour lui aussi… mais vivez, bon sang ! Croquez la vie ! Profitez de la vie ! Même si, pour moi… c’est… étrange.

 Je suis sonné. Heureux, mais sonné. Tout ce que je trouve à ajouter, c’est :

 - Mais… et les petits-enfants, alors ? Tu ne m’en veux pas de ne pas pouvoir te donner de petits-enfants ?
- Oh, je ne me fais pas de soucis pour ça ; Agrafena et son mari s’en chargeront très bien à ta place !

 Ma mère se met à rire nerveusement. Je la suis dans son émotion. Cela détend tout de même l’atmosphère, qui semble se remplir d’une positivité et d’une joie rarissimes. Un sourire difficilement dissimulable se dessine sur mon visage.


- En revanche…

 Elle retrouve un ton sérieux, limite cassant.

 - Cela me désole de te le dire, mon petit Vladimir, mais je sais d’avance que ton père et ta sœur ne changeront jamais d’avis sur la question de… ton… de ta… façon de vivre. Tu as déjà entendu parler de camps de concentration pour les homosexuels, je suppose ? Ou alors de remèdes pour « guérir » les gens comme toi ? Eh bien je pense que c’est ce à quoi tu dois t’attendre avec eux. Ils pourraient être vraiment nocifs pour toi, Vladimir…

 Je me rappelle à ce moment-là de la scène que m’a fait mon père, dans la chambre de mes parents… C’est sûr, il était loin de plaisanter.

 - Et… Je… je pense vraiment qu’Adam et toi devriez envisager de partir. Loin.
- Qu’est-ce que tu dis, maman… ?!
- Réfléchis, Vladimir. Je dois te laisser… ton père ne va pas tarder à se lever pour aller au travail, et il serait fâcheux qu’il me voie levée à cette heure-ci. Je t’embrasse.
- Maman ! »

 « Bip, bip, bip… » : voilà la seule réponse que j’obtiens. Ma mère m’a raccroché au nez.

 En retournant auprès de Lioudmila pour me coucher, je repense à ce qu’il vient de se passer. D’un côté, bien sûr, je ne boude pas mon plaisir d’avoir une personne de ma famille qui tolère à peu près ce que je suis. Mais, de l’autre… que voulait-elle dire, par « partir » ? Où ? Quand ? Et surtout, comment ? Oh, et puis, il est vraiment trop tard pour réfléchir à tout cela. Cette journée a déjà été assez émotive ; pas besoin d’en rajouter avec une insomnie.


Bonne nuit.
Message édité par Luap1 le 23/07/2017 à 03:30:07

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~ Il n'y a pas de phrase plus dangereuse au monde que celle-ci : « on a toujours fait ça comme ça ». ~
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luap1
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  2. Posté le 23/07/2017 à 03:30:59  
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Le 31 septembre 2013

Cher journal,

J’ai oublié de te le préciser : je fais du judo depuis une dizaine d’années. Ce sport prend une grande place dans ma vie. Dans la famille, on se transmet cette passion de père en fils. Cette tradition doit facilement dater de l’époque de mon arrière-grand-père, je pense… J’aime beaucoup cette activité ; elle me permet de m’échapper du quotidien, et des problèmes diplomatiques liés à mon travail...
Enfin bref. Tu dois te douter que je ne t’écris pas pour te faire part d’un sujet aussi banal. Comme chaque lundi, j’en profite pour sécher une demi-heure de cours de judo, afin de passer du temps avec Adam. C’est ce qui en fait mon jour de la semaine préféré. Aujourd’hui, lorsque j’ai franchi le pas de sa porte, je me suis élancé vers lui, puis je l’ai pris dans mes bras. Dans un délicieux silence, nous nous sommes assis dans le canapé du salon pour continuer nos câlineries. J’ose le premier entamer la discussion, en contant tout ce qu’il s’est passé hier, de mon père furieux à ma mère plus ou moins compatissante. Puis…
« Dis-moi, Adam…
- Ah, toi, tu as encore un service à me demander, petit garçon… ?
Oh, oui, j’ai omis ce détail : je ne fais qu’un mètre soixante-dix, et Adam fait quelques centimètres de plus que moi… bon, bon, d’accord : un mètre quatre-vingt-quatre ! Et, à chaque fois que nous nous voyons, il ne manque pas une occasion de m’appeler ainsi pour me taquiner. Un vrai gamin !
- Oh, arrête de plaisanter ! Je parle sérieusement…
- Je t’écoute, je t’écoute, rhoo…
Je lui explique la solution qu’a proposée maman hier. Ses yeux grossissent. Grossissent. Et grossissent encore. L’effet de surprise, sans doute. Puis une illumination se forme sur son faciès. Ses dents semblent briller comme jamais elles ne l’ont fait, et ses cheveux… ils se dressent littéralement d’excitation ! Mais son assurance habituelle disparaît petit à petit. En bégayant, il tente tout de même de sortir quelques mots de sa bouche.
- Tu… tu es sérieux ?
- Bien sûr que je suis sérieux. Je n’ai jamais été aussi sérieux, même.
- Mais… comment comptes-tu faire ça ?
- Tu ne m’as pas dit que tu avais la double nationalité franco-russe, et que ton père vivait toujours en France ?
- Bah… oui, pourquoi ?
- Et tu lui as annoncé que tu étais homosexuel, n’est-ce-pas ? Tu lui as même parlé de moi ?
- Oui, ça va de soi ! Mais où veux-tu en venir… ?
- Enfuyons-nous en France tous les deux. À Paris. »
La tête dans les bras, mon « fiancé » a l’air pensif. Dans un mouvement vif, il se relève, et me regarde profondément dans les yeux. Idée trop irréaliste ?
Adam se tourne vers moi. Le bellâtre ne me quitte pas des yeux. BOUM, BOUM, BOUM, BOUM, BOUM, BOUM : les palpitations de mon cœur reprennent de plus belle. Chaque mouvement les fait s’accélérer. Que va-t-il se passer ?
- Allons-y. Partons. Faisons-le ! Oui, faisons-le !
- Vraiment ? Tu es sérieux ? Tu veux faire ça ?!
- Tu crois vraiment que je m’amuserais à me moquer de toi sur un sujet aussi sérieux ?
Il se met à bouder.
- Oh. Excuse-moi... Mais c’est juste que je cette idée est si folle, que je n’y crois pas moi-même. Alors que toi croit en elle… ça m’impressionne, c’est tout…
- T’es con tu sais, me dit-il en souriant.
- Mais toi tu l’es plus. »
S’insulter est notre « petit truc de couple ». Avec lui, « con » est devenu une façon de se dire « je t’aime », et « tu me fais rire ». Des adolescents : voilà ce que nous sommes !
Mais pas le temps de discuter du plan que nous allons mettre en place ; il est déjà dix-huit heures passées. La fin de ma supposée séance de judo s’annonce. Il me faut rentrer à ma « datcha » pour retrouver Lioudmila.
À bientôt.



Le 7 octobre 2013
Cher journal,

La vie est très bizarre, tu ne trouves pas ? Il y a un mois encore, je n’avais aucune chance d’avenir avec Adam. Et aujourd’hui, voici que nous avons réservé clandestinement deux billets d’avion Moscou-Paris. C’est une amie à lui, au courant pour nous deux, qui les as achetés à notre place. Il ne faut pas garder de trace… juste au cas où. Cela ne serait pas vraiment bon pour nous… surtout pour moi.
Nous partons ce soir. L’avion est à deux heures du matin à l’aéroport de la ville. Cela fait une semaine que nous planifions notre départ. J’ai écrit une longue lettre d’explication à Lioudmila, j’ai prévenu ma mère, et nous avons appelé Pascal il y a quelques jours pour le prévenir de notre arrivée. Dimanche dernier, j’ai même fait croire à mon père que j’avais rompu avec Adam.
Bien à toi.

Le 8 octobre 2013
Cher journal,

Une heure du matin. Grand départ ! Je me faufile silencieusement hors du lit de couple. Je regarde une dernière fois Lioudmila. En guise d’au revoir, je décide de lui faire un baiser sur le front. Mais, quand j’approche mes lèvres de celui-ci, elle change de sens. C’était moins une ; elle a failli se réveiller ! Sa tête étant désormais inaccessible, je remplace le baiser sur le front par une douce caresse sur son bras. Au revoir, ma chère femme.
Direction mon bureau. Je m’y empare de quelques papiers administratifs, comme ma carte d’identité, qui me seront bien utiles en France. Ensuite, je me dirige vers la cuisine de mon habitation. J’y grignote rapidement un morceau de fromage entre deux tranches de pain. Je me saisis de ma valise comme de mon nouveau jouet. Avec elle sous le bras, je traverse la cuisine, deux ou trois couloirs, et j’arrive dans l’entrée. Je pose avec soin la lettre adressée à Lioudmila sur la sellette, bien en évidence. Puis je sors.
Petit moment d’arrêt devant la porte… avant de dévaler les escaliers de mon palais quatre à quatre. Je me dirige vers ma voiture personnelle. Un 4x4 aux vitres teintées. Parfait, pour la discrétion. Mieux que ma limousine… J’ouvre les grilles. C’est parti.
Une heure plus tard, j’arrive à l’aéroport, devant lequel je retrouve Adam. Il attend avec une valise rouge dans sa main droite, et Nickie, sa petite chienne, qu’il tient en laisse. Il ne se sépare presque jamais d’elle…
Une rapide accolade. Puis nous pénétrons dans le hall de l’aéroport. En vue de notre complicité apparente, nous pourrions être perçus comme deux amis qui se connaissent depuis des années. En ce qui me concerne, c’est la première fois que je considère Adam comme étant mon compagnon, et non plus seulement mon amant.
Une heure plus tard, après un rapide passage aux toilettes, me voilà vêtu d’une dishdasha (robe portée par les hommes de la péninsule arabe, que j’ai achetée en voyage en Arabie saoudite), d’une casquette et de lunettes de soleil. Cet accoutrement empêchera que je me fasse reconnaître par une des collègues de Lioudmila... Enfin, nous remplissons toutes les formalités nécessaires, et embarquons. Je me place au siège 90A, près du hublot. Je regarde à travers.
Moscou… cette cité me manquera tout de même un peu. La société avait plutôt des valeurs archaïques, mon travail était plutôt oppressant quelque fois, par son importance... Mais cela ne semblait peut-être pas si mal que ça… Il y a de très beaux monuments, à Moscou… Et puis je n’étais pas vraiment à plaindre : j’avais une bonne situation financière, une femme plutôt agréable, un beau palais, du petit personnel…
Dois-je vraiment partir… ?
Comme en réponse à mon inquiétude, Adam me prend par la main. Je sens la chaleur de sa paume dans la mienne. C’est comme si, pendant un moment, nous unissions nos deux enveloppes corporelles pour ne faire qu’un.

J’ai pris la bonne décision.
Message édité par Luap1 le 23/07/2017 à 03:40:32

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~ Il n'y a pas de phrase plus dangereuse au monde que celle-ci : « on a toujours fait ça comme ça ». ~
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luap1
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  2. Posté le 23/07/2017 à 03:42:42  
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Le 9 octobre 2013
Cher journal,

Nous sommes arrivés à Paris hier, vers cinq ou six heures du matin, avant même que le soleil ne se soit levé sur « La Ville Lumière ». C’est Pascal, le père d’Adam, qui est venu nous récupérer. J’ai pu assister à d’émouvantes retrouvailles. Un an. Cela faisait une année entière qu’Adam et son père ne s’étaient pas revus. Ainsi, j’ai d’abord voulu me faire discret, pour laisser mon compagnon et son père tranquilles… mais le second a insisté pour mieux me connaître. Je dois dire qu’il a l’air d’un homme adorable, vraiment. En voyant que je ne parlais pas très bien français, il s’est adapté, et s’est mis à communiquer avec moi en russe. On voit tout de suite que c’est un artiste. Il est complètement déconnecté de la réalité, et aborde continuellement un air un peu… perdu. Comme s’il réfléchissait à autre chose… au prochain tableau qu’il va peindre, peut-être ? Enfin bref. Donc, nous avons fait plus ample connaissance dans la voiture. J’ai appris qu’il avait reçu un héritage des grands-parents d’Adam. En toute évidence, c’est ce qui lui permet d’avoir un train de vie confortable, que sa profession de peintre ne lui offrirait assurément pas. L’aïeul d’Adam travaillait en tant que conseiller dans une petite banque parisienne, qui a pu fructifier avec le contexte économique offert par les « trente glorieuses ». La passion des chiffres aurait-elle sauté une génération dans la famille ? Sa mère, quant à elle, était employée en tant que secrétaire dans une agence publicitaire. Ils ont donné naissance à mon « nouveau beau-père » le 11 août 1945.
Une vingtaine de minutes s’écoulent, pendant lesquelles le père d’Adam nous enseigne ses astuces pour éviter les habituels bouchons parisiens. Nous arrivons devant un immeuble de style haussmannien, dans le seizième arrondissement de la ville. Tout en haut, des petites chambres de bonne s’y trouvent. La plus grande, faisant dix mètres carrés, nous est réservée. Elle appartient à Pascal, qui a gentiment proposé de nous la prêter en attendant que nous ayons une situation plus stable.
Rapide installation des bagages. Nous confions, non sans mal, Nickie à Pascal, le studio étant beaucoup trop petit pour y accueillir un animal de compagnie. Puis déjeuner de sandwichs jambon-beurre. L’après-midi, nous nous sommes reposés, éreintés.
Quinze heures. Renseignements sur internet. Nous devons savoir quelles démarches il faut accomplir, afin de prétendre à l’accès d’un emploi stable. Je découvre qu’il va me falloir aller à des cours de FLE pour apprendre le français. Certes, Adam m’en a enseigné quelques rudiments avant notre départ, mais je ne peux pas dire que je sois bilingue dans cette langue. Mais l’étape la plus importante pour moi est bien sûr d’obtenir un titre de séjour… Nous verrons tout cela plus clairement demain. Pour le moment, le plus important semble d’inscrire Adam au Pôle Emploi, afin qu’il puisse chercher un travail. Ce qui ne s’annonce pas extrêmement facile, dans le contexte socio-économique actuel…
J’écris un mail à maman, en lui détaillant le déroulement de la journée. Certes, tu vas me dire que ce n’est pas la plus poétique façon de communiquer avec elle, mais c’est de loin la plus pratique. Je l’envoie sur une adresse mail secrète qu’elle a créé juste avant mon départ. Elle m’a promis d’aller dans un cybercafé régulièrement afin de m’informer, en toute discrétion, de ce qu’il se passe à la maison.
Malgré le décalage horaire, je reçois sa réponse très rapidement. Elle est « rassurée pour toi. Le décalage horaire ne vous fatigue pas trop ? En revanche, je dois te dire que ton père est furieux ; sa crise a été dévastatrice, quand il a lu la lettre que Lioudmila avait apporté chez nous, en pleurs. Mon service en porcelaine a été cassé sur le mur de la salle à manger. Mais rassure-toi : je m’occupe de Lioudmila. Elle s’en remettra. On se remet toujours d’un amour à sens unique. Je te couvre. Aucune trace, donc aucune raison que ton père te retrouve. Bonne soirée mon Vladimir, et embrasse Adam de ma part ».

Bonne soirée.


Le 15 décembre 2014

Cher journal,

J’ai une tendance à te délaisser, lorsque les moments difficiles s’estompent. J’espère que tu ne m’en veux pas trop. Mais, depuis un an que nous sommes en France, je ne te cache pas que notre vie se passe relativement bien. Très bien, même !
Je ne dis pas que les premiers mois n’ont pas été difficiles, non. Au contraire. Le pire de tout : les papiers. Ah, les papiers ! Cette année m’en a dégoûté, de la comptabilité ! Déjà que les mathématiques n’étaient pas mes meilleurs amies… Notre chambre de bonne a littéralement été ensevelie sous les tas de formulaires et paperasses en tout genre.
Comme il a la nationalité française, Adam n’a pas eu à gérer beaucoup d’administratif. Seulement une inscription au Pôle Emploi, et deux ou trois autres formalités, qui ont plutôt été rapides. Moi, j’ai dû transmettre une quantité effroyable de documents, afin de prétendre à un titre de séjour et à des cours de FLE. Je vais bientôt pouvoir chercher du travail !
Depuis septembre dernier, grâce à Adam, qui a vite retrouvé un emploi, nous avons pu emménager dans un appartement de vingt mètres carrés. En entrant, nous tombons sur une cuisine aménagée plutôt sympathique. Couleurs chatoyantes : rouge vif et gris anthracite. Très moderne ! Sur le côté de celle-ci se trouve un petit salon avec canapé-lit, télévision, table-basse, et autres babioles. Une salle de bain, humble par sa taille, mais pas moins très pratique, vient compléter l’ensemble. Pour finir la visite, une petite surprise : un balcon, où Nickie, la chienne d’Adam, peut prendre l’air. Bien évidemment, cela ne nous dispense pas de la promener deux fois par jour, dans le parc situé à côté de chez nous.
La journée, nous la confions à Madame Royer, notre voisine. C’est elle qui nous a proposé de la garder. C’est une petite vieille dame qui ne reçoit que peu de visite, et elle adore les animaux ! À cause de son âge avancé, ses enfants ne veulent plus qu’elle en ait. J’imagine que la présence de Nickie comble un peu ce manque. Adam et moi sommes invités chaque dimanche à déjeuner chez cette petite grand-mère. Notre repas : poulet fermier, accompagné de pommes de terre sautées ! Des mets délicieux que nous prenons en compagnie d’une délicieuse personne. Néanmoins, les autres voisins la prennent pour une folle, puisqu’elle parle et rie d’une façon très… mmh… disons, peu discrète. Et elle possède un style vestimentaire bien à elle, avec des habits de toutes les couleurs. Rouge, orange, violet, marron, noir… toute la palette y passe ! Elle ne sort jamais sans son haut-de-forme, aussi. Mais, derrière cette façade excentrique, Madame Royer a énormément de choses à offrir. C’est une femme très sensible, qui cache bien son jeu. Et ce n’est pas le genre de personne à mentir sur ce qu’elle ressent pour quelqu’un. Honnêtement, j’aime beaucoup ce petit bout de femme. C’est notre seule véritable amie, ici.
Dimanche dernier, en sortant de chez Madame Royer, Adam me propose d’aller se promener près du quartier de Montmartre. Nous redécouvrons, encore une fois, un coin charmant où se situent plusieurs petits bars donnant un côté festif au lieu. La neige qui commence à tomber ne fait qu’apporter un peu plus de charme à cette scène. Nous montons, pour admirer le paysage parisien. À chaque marche gravie, je sens sa main se resserrer un peu plus à la mienne. Cela me tient chaud. Nous arrivons en haut de la bute. De là, je vois Paris s'étendre à mes pieds. Cette cité illumine l'obscurité de la nuit comme un phare dans la tempête. Au loin, j’aperçois la tour Montparnasse, brillante, éclatante, comme la lune au milieu des étoiles. La nuit, la ville entière paraît se répandre, comme une idylle, avec ses lumières chaudes et bienveillantes. Tout y a sa place. Les arbres se trouvant à nos côtés, eux, apportent une touche de nature. Comme s’il s’agissait d’une forteresse impénétrable de verdure, protégeant la fourmilière humaine parisienne.
Un son accompagne mon extase visuelle. Adele… « Make You Feel My Love »… c’est le titre de cette chanson. Ma préférée… l’interprète l’a destinée à son amoureux, je suppose. Elle lui dit qu'elle est prête à tout pour lui prouver qu'elle l'aime vraiment. Comme je l’envie, ce mec. Je n’ai pas quitté le mien du regard, d’ailleurs. Il est très bien habillé. Comme à notre première rencontre. Lorsque la chanson s’achève, des petites lucioles sortent d’un trou d’arbre. Un délicat nuage de lumière se forme. C’est ce moment qu’Adam choisit pour me rapprocher de lui. Je me laisse faire. Puis, dans un élan de tendresse, nous nous donnons un baiser passionné. Je plonge mon regard dans le sien. Ses yeux sont d’un orange flamboyant. Si je pouvais voir mon cœur, je suppose qu’il serait de la même couleur, enflammé à la vue de l’homme que j’aime. J’aime le silence de la nuit.
Cette paix ambiante est en danger. Son prédateur : Adam. Ses lèvres s’entrouvrent. Il semble vouloir dire quelque chose. Mon index vient délicatement se poser sur les contours de sa bouche. Mais il insiste pour parler.
« Veux-tu m’épouser ? »

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- NON, NON, NON ! JE NE VEUX PAS !

Ouaw. Ouaw. J’en suis tout en sueur. Non, je suis bien dans mon lit. En pyjama. Pas à Montmartre. Pas à Paris. Il n’y a personne à côté de moi. Pas d’autre homme. Pas d’Adam. Juste une place vide… Comment moi, président de la Russie, ai-je pu faire ce rêve ?
Ce rêve… ou ce cauchemar d’ailleurs, je ne sais pas… C’était si… réaliste. L’enfance un peu triste du petit garçon. Les violentes disputes avec ses parents. Sa fuite. J’ai tout ressenti, comme si c’était vrai. Cela arrive-t-il à des gens en réalité ?
En même temps… je suis un peu déçu de m’être réveillé. J’étais bien, avec Adam…
Je pensais que les homos, autant hommes et femmes, c’était bizarre. Malsain. Presque qu’il fallait s’en débarrasser ou, au mieux, les mépriser au maximum. Et qu’ils étaient ensemble seulement pour satisfaire des fantasmes sexuels. Mais je le reconnais : on n’est pas autant attaché à quelqu’un juste pour des pulsions…
Adam aurait été une femme, cette histoire aurait été pareil. Les mêmes personnes. Les mêmes sentiments. Le même bonheur. Le même regard. La même complicité. Le même avenir. Les mêmes projets. Les mêmes envies. Le même… amour. Mais les emmerdes en moins.
Faut-il en conclure que… l’« on tombe amoureux d’une personne, et non d’un sexe » ?
FIN
Lexique

 Syrniki : petites crêpes à base de fromage frais, de farine et d'œufs. On l'agrémente parfois de crème (smetana), de confiture, de miel, de compote de pommes ou encore de kissel (soupe sucrée aux fruits).
 Kacha : bouillie à base de semoule de sarrasin mondé, de mais, de riz, de blé, d'avoine, d'orge ou de millet cuits à l'eau, au lait ou au gras. Elle est surtout consommée en Europe centrale, en Russie et en Ukraine.
 Vareniki : petits raviolis sucrés.
 Vatrouchka : gâteau russe traditionnel à base de fromage blanc.
 Datcha : type d’habitation russe.

Remerciements

Tout d’abord, je tiens à remercier mes professeurs, qui ont coordonné ce projet. Je citerai également M, O, LO, C, C, E, J, P et M, qui ont chacune apporté un petit détail à cette nouvelle. Plus globalement, merci à mon entourage de m’avoir soutenu dans l’écriture de ce récit. J’espère que vous en aurez apprécié la lecture.

Nouvelle dédiée à H.D.
Je t’aime.
Message édité par Luap1 le 23/07/2017 à 03:44:48

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~ Il n'y a pas de phrase plus dangereuse au monde que celle-ci : « on a toujours fait ça comme ça ». ~
Le glaçon '-'
Profil : Quidam
iceauron
  1. answer
  2. Posté le 24/07/2017 à 23:08:41  
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Je le dit tout de suite j'ai rien lu mais je lirais c'est promis ! Simplement la il est un peu tard :3 en tout cas ça m'a l'air très intéressant.
Je te donne un avis demain ^^


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Appelez moi le glaçon :3

Bisou tout froid !
Le glaçon '-'
Profil : Quidam
iceauron
  1. answer
  2. Posté le 26/07/2017 à 00:25:36  
  1. Prévenir les modérateurs en cas d'abus
 
AH! Si tous les homophobes faisaient ce rêve le monde serait meilleur !

Ta nouvelle est superbe, j'aime bien l'idée du journal '-' j'ai été un peu déçus par la fin qui brise le moment magique de la demande de en mariage mais en soit c'est une fin intéressante '-' en tout cas bravo ! Il en faut du courage pour se lancer dans l'ecriture et finir un texte pareil x) j'en sais moi même quelque chose : j'ai déjà essayé et j'ai jamais dépassé le premier chapitre :'(
Bref
Félicitations '-'

Ps : je réponds à la question de la fin x) on tombe bien amoureux d'une personne et non d'un sexe !
Message cité 1 fois

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Appelez moi le glaçon :3

Bisou tout froid !
(Publicité)
Profil : Etranger
luap1
  1. answer
  2. Posté le 26/07/2017 à 23:09:12  
  1. Prévenir les modérateurs en cas d'abus
 

IceAuRon a écrit :

AH! Si tous les homophobes faisaient ce rêve le monde serait meilleur !

Ta nouvelle est superbe, j'aime bien l'idée du journal '-' j'ai été un peu déçu par la fin qui brise le moment magique de la demande en mariage mais en soit c'est une fin intéressante '-' En tout cas bravo ! Il en faut du courage pour se lancer dans l’écriture et finir un texte pareil x) J'en sais moi même quelque chose : j'ai déjà essayé et j'ai jamais dépassé le premier chapitre :'(
Bref
Félicitations '-'

Ps : je réponds à la question de la fin x) On tombe bien amoureux d'une personne et non d'un sexe !
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Merciiiiiiii ^^ Bah en fait, pour être franc, j'avais pas trop le courage de le finir x) En fait je l'ai fait dans le cadre d'un projet scolaire, et c'était à rendre le 1er juillet. Or, le 28 juin, je n'en n'étais qu'à la 8è page (à savoir que j'ai écrit 17 pages en tout... donc oui oui, en trois jours, j'en ai écrit neuf x))

Au début, je dois avouer que ma nouvelle se terminait sur le << Veux-tu m'épouser ? >>
Mais, après avoir fait lire ma nouvelle à ma sœur, j'ai réalisé que c'était trop prévisible. Pas assez percutant. Puis j'ai imaginé un rêve. Puis une amie (folle x)) m'a donné l'idée que le mec qui rêvait soit Vladimir Poutine ^^ Du coup j'ai adapté plusieurs détails de la vie de mon personnage à celle de Poutine (femme hôtesse de l'air, famille d'ouvriers, etc etc)


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~ Il n'y a pas de phrase plus dangereuse au monde que celle-ci : « on a toujours fait ça comme ça ». ~
Le glaçon '-'
Profil : Quidam
iceauron
  1. answer
  2. Posté le 27/07/2017 à 23:04:34  
  1. Prévenir les modérateurs en cas d'abus
 
Les amies folles ont toujours les meilleures idées x)


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Appelez moi le glaçon :3

Bisou tout froid !
Profil : Etranger
louloute1507
  1. answer
  2. Posté le 05/08/2017 à 14:51:00  
  1. Prévenir les modérateurs en cas d'abus
 
Ta nouvelle m'a beaucoup plus j'ai également fais des projets de ce genre en LS cette année et je trouve ce genre de projet très beau je rejoins IceAuRon si seulement tous les homophobes pouvait faire ce rêve le monde serait meilleur...

Tous vas bien pour moi, "la vie est un jeu auquel
Profil : Inconnu
jules_16
  1. answer
  2. Posté le 05/08/2017 à 15:42:03  
  1. Prévenir les modérateurs en cas d'abus
 
OUAW j'ai trop aimé ta nouvelle, je ne sais même pas quoi dire j'ai était pris dans le récit j'avais l'impression d'y être . Le fait de m'être un président c'est marrant franchement tu m'as trop impressionné avec ta nouvelle bravo à toi et je rejoins aussi IceAuRon si tous les homophobe faisait se rêve le monde serait plus joyeux.

Profil : Etranger
luap1
  1. answer
  2. Posté le 05/08/2017 à 16:13:26  
  1. Prévenir les modérateurs en cas d'abus
 
Jules_16 et louloute1507 : Merci beaucoup ! :) Vous avez un passage préféré, ou une petite remarque à faire ?


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~ Il n'y a pas de phrase plus dangereuse au monde que celle-ci : « on a toujours fait ça comme ça ». ~
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Tous vas bien pour moi, "la vie est un jeu auquel
Profil : Inconnu
jules_16
  1. answer
  2. Posté le 05/08/2017 à 16:20:21  
  1. Prévenir les modérateurs en cas d'abus
 
Luap1 effectivement j'ai plusieurs passage préféré ....
C'est le passage ou Vladimir parle avec sa mère au téléphone et le passage ou Vladimir parle à Adam pour partir de Russie et allé en France.
Tu écrit souvent?
Message cité 1 fois
Profil : Etranger
luap1
  1. answer
  2. Posté le 05/08/2017 à 16:26:36  
  1. Prévenir les modérateurs en cas d'abus
 

Jules_16 a écrit :

Luap1 effectivement j'ai plusieurs passages préférés...
C'est le passage où Vladimir parle avec sa mère au téléphone et le passage ou Vladimir parle à Adam pour partir de Russie et aller en France.
Tu écris souvent?
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Ah tu me fais plaisir ^^ Le passage de la mère au téléphone était le plus dur à faire, après celui de la confrontation avec le père :)

Mmh on peut pas dire que j'écris hyper souvent, non. J'ai fait deux-trois fans fictions mettant en scène Donald (j'étais complètement fan de son univers, il y a quelques années), mais souvent courtes ou restées inachevées. La première date de 2012. Mais sinon, "Liberté rêvée" a été mon plus gros taf ouaip ^^


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~ Il n'y a pas de phrase plus dangereuse au monde que celle-ci : « on a toujours fait ça comme ça ». ~
Tous vas bien pour moi, "la vie est un jeu auquel
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jules_16
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  2. Posté le 05/08/2017 à 16:32:49  
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Luap1 bon même si tu n'écrit pas souvent. .... si tu venais à écrire tu aurai un grand nombres de fan dons moi number one lol:{} et je doit t'avouer que j'adore donald moi aussi et étant enfant je demander à ma mère des jouet Donald et peluche lol:{} Enfin bref ..... (je m'égare ) tu a l'air d'être quelqu'un de bien alors un conseil reste toi même et la prochaine fois que t'écris pensent à moi lol:{}
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luap1
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  2. Posté le 05/08/2017 à 16:37:13  
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Jules_16 a écrit :

Luap1 bon même si tu n'écrit pas souvent. .... si tu venais à écrire tu aurai un grand nombres de fan dons moi number one lol:{} et je doit t'avouer que j'adore donald moi aussi et étant enfant je demander à ma mère des jouet Donald et peluche lol:{} Enfin bref ..... (je m'égare ) tu a l'air d'être quelqu'un de bien alors un conseil reste toi même et la prochaine fois que t'écris pensent à moi lol:{}
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Oh merci beaucoup héhé lol:{} lol:{} Si tu veux je peux te passer les fans fictions de Donald ^^


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jules_16
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  2. Posté le 05/08/2017 à 16:38:38  
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Luap1 oui pourquoi pas! :D
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luap1
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  2. Posté le 05/08/2017 à 16:55:15  
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Jules_16 a écrit :

Luap1 oui pourquoi pas! :D
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En exclusivité pour toi, Julou, voici donc un lien pour voir les histoires que j'ai faites, en lien avec l'univers de Donald :D http://fr.picsou.wikia.com/wik [...] ur:Paul112 (va dans la section "Mes fans-fictions" de la barre de tâches).

Sinon, je ne sais pas si c'est susceptible de t'intéresser, mais j'ai aussi fait quelques analyses portant sur l'univers de Donald. Je te passe les liens au cas où ^^
- http://fr.picsou.wikia.com/wik [...] _de_Disney "Les Orphelins de Disney" (datant de juillet 2016)
- http://fr.picsou.wikia.com/wik [...] hez_Disney "LGBTQ chez Disney" (écrit en septembre 2016)

Et puis un petit délire sans grand lien avec les analyses et les romans x) http://fr.picsou.wikia.com/wik [...] cr%C3%A9er (fait en août 2014)

Bonne découverte ! J'attends impatiemment ton avis ^^

Message édité par Luap1 le 05/08/2017 à 16:57:49

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~ Il n'y a pas de phrase plus dangereuse au monde que celle-ci : « on a toujours fait ça comme ça ». ~
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jules_16
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  2. Posté le 05/08/2017 à 16:58:49  
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Merci Luap1 je vais prendre le temps de voir tous ça, quand j'aurai du temps  lol:{} :D
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luap1
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  2. Posté le 05/08/2017 à 17:04:04  
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Jules_16 a écrit :

Merci Luap1 je vais prendre le temps de voir tous ça, quand j'aurai du temps lol:{} :D
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Okay lol:{} Tu me rediras haha


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~ Il n'y a pas de phrase plus dangereuse au monde que celle-ci : « on a toujours fait ça comme ça ». ~
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louloute1507
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  2. Posté le 05/08/2017 à 20:26:32  
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Pour moi la chute est très intéressante je m'attendais à une chute de ce genre car en général les nouvelles on une chute inattendus donc pour mes passages préférés j'aime bien la chutes et tout comme jules_16 le passage où il est avec ça mère au téléphone m'a fait quelque chose car je sais ce qu'est un CO compliqué et le fait qu'elle "accepte" (si on peut dire ça comme ça) son fils malgré la politique de ce pays sur les LGBT et les avis de la famille m'a beaucoup touché comme quoi l'amour est plus fort que tout (ici l'amour maternel mais aussi celui entre Vladimir et Adam)

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jules_16
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  2. Posté le 05/08/2017 à 21:00:05  
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louloute1507je suis tous à fait d'accord avec toi faire son CO n'est pas si facile que sa même s'il ne la pas vraiment fait dans l'histoire ( c'est son père et sa mère qui ont trouver le petit papier) .... mais le fait que son père ne l'accepte pas cela montre la violence que peuvent avoir la famille envers leurs enfants et le fait que la mère l'accepte montre que le changement est bientôt la et les gens sont ouverts d'esprit (même si elle aurai préféré qu'il soit "normal" ) ..... (j'ai mit normal entre guillemets car aimer ou être attirer par le sexe opposer cela veut juste dire qu'il y a des différences et que l'on n'a pas besoin d'être une copies conforme du voisin ou de la voisine, on est comme on est, on est accepté pour se que l'on est et par pour ce que l'on veut paraître). Je sais pas si c'est clair mais dans ma tête sa sonner mieux que part écris  je fait beaucoup de texte philosophique mais la j'avoue ne pas avoir trop réussi.

Profil : Etranger
louloute1507
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  2. Posté le 05/08/2017 à 21:04:42  
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Jules_16 hahaha j'ai compris t'en fais pas, tu fais des textes philosophiques ? J'en fais beaucoup aussi (s'en m'en rendre compte hahaha) j'aimerais travailler dedans plus tard cela m'intéresse beaucoup toi aussi ? Désolé je m'égare tu sujet principal je suis dnaccird pour la violence du père et l'espoir de changement qu apporte la mère même si je pense que si l'histoire avait réellement existé en Russie elle se serait terminer d'une façon bien plus tragique (je parle de la fin sans tenir compte du passage ou l'on apprend que c'est un rêve mais seulement s'en l'histoire de Adam et Vladimir)

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Profil : Inconnu
jules_16
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  2. Posté le 05/08/2017 à 21:21:27  
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Oui louloute1507 sa aurai peut être fini tragiquement ..... et oui j'aime bien les textes philosophique, qui ont un morale ou même une phrase comme ça
Exemple: "la confiance n'empêche pas le contrôle"
Mais écrire des texte philosophique c'est voir d'une manière notre monde se qui nous entoure ect .....enfin bref
:D tu veux travailler la dedans? Comment ça?

Le glaçon '-'
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iceauron
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  2. Posté le 05/08/2017 à 23:47:25  
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Quelle coïncidence lol:{} j'ai déjà pensé à aller dans ce secteur de travail aussi mais finalement plutôt que de chercher un sens à l'existence j'ai préféré opter pour la psychologie et décrypter la manière de penser de l'homme '-' du moin c'est ce que je souhaite accomplir ! Après rien n'est dit puisque je vais seulement entrer en 1ere donc je suis loin du but ^^'
En tout cas on est d' accord que la philosophie c'est bien '-'
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Appelez moi le glaçon :3

Bisou tout froid !
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Profil : Inconnu
jules_16
  1. answer
  2. Posté le 05/08/2017 à 23:55:18  
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En effet IceAuRonla philosophie c'est bien. .... j'avais penser à être psychologue mais je sais plus si jen est envie .... enfin bref j'espère que tu pourra accomplir tes rêve .....

Profil : Etranger
louloute1507
  1. answer
  2. Posté le 05/08/2017 à 23:58:48  
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IceAuRon a écrit :

Quelle coïncidence lol:{} j'ai déjà pensé à aller dans ce secteur de travail aussi mais finalement plutôt que de chercher un sens à l'existence j'ai préféré opter pour la psychologie et décrypter la manière de penser de l'homme '-' du moin c'est ce que je souhaite accomplir ! Après rien n'est dit puisque je vais seulement entrer en 1ere donc je suis loin du but ^^'
En tout cas on est d' accord que la philosophie c'est bien '-'
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Décidément c'est exactement ce qui c'est passé pour moi je n'ai rien à ajouter hahaha et je passe aussi en première

Le glaçon '-'
Profil : Quidam
iceauron
  1. answer
  2. Posté le 05/08/2017 à 23:58:53  
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Merci :D


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louloute1507
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  2. Posté le 06/08/2017 à 00:01:24  
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Juste par curiosité IceAuRon tu passe en qu'elle première ? S ? L ?

Le glaçon '-'
Profil : Quidam
iceauron
  1. answer
  2. Posté le 06/08/2017 à 00:13:07  
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J'ai pensé à aller en L mais vu que j'étais encore un peu indécis j'ai préféré prendre S parce que ça m'ouvre plus de portes pour l'avenir et puis je suis aussi bon en sciences qu'en langues ^^


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louloute1507
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  2. Posté le 06/08/2017 à 00:17:53  
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IceAuRon je savais que t'avais hésite entre S et L hahaha ça à etais pareil pour moi sauf que j'ai préféré choisir L parce qu'au final je préfère les langues meme si je me débrouille partout tout le monde me disait d'aller en S parce que ça ouvre plus de porte mais je suis contre les préjugés sur les filières ayant subit du harcèlement pour etre bonne élève je voulais pas que ça continu en ayant marqué S en gros sur mon front et parce que je pense que je m'entendrais mieux avec les personnes en L ayant eu une classe pourris cette année je ne voulais pas refaire l'expérience

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