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Au Soleil du Crépuscule.

 

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Au Soleil du Crépuscule.

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Déontologiquement absent...
Profil : Quidam
bravo_leader
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  2. Posté le 02/04/2005 à 15:53:59  
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Bonjour tout le forum !  :D Je suis de retour avec le premier chapitre de ma nouvelle nouvelle...Enfin je me comprends :? ...

 Fort du succès partagé de mes quelques fictions et de mon autobiographie, je présente donc aujourd'hui mon dernier chef d'oeuvre, une longue épopée où, cette fois, je me tourne vers un monde utopique où magie, fantastqiue, merveilleux et modernité ne font qu´un. Les thèmes abordés avrieront d´un chapitre à l´autre, mais je ferai en sorte de cultiver dans un milieu sombre, macabre mais terriblement réaliste, l´amour, l´adolescence partubée, la recherche de soi-même, l´injustice, la religion ,  l´antiaméricanisme et bien d´autres...Voilà, bonne lecture !  

Chapitre 1




Chapitre 1




Les gens passaient…Ils allaient, ils venaient, il repassaient…La plupart tournait en rond et n’avait certainement nulle part où aller. C’est pour ça qu’ils passaient. Un journal à la main, les mains dans les poches, les poches aussi vide que leur vie qu’ils consacraient à passer là. Le bas des visages enfouis dans un col d’anorak jaune sale, les yeux ternis par d’épaisses lunettes…Tel était le triste spectacle qui se déroulait dans un perpétuel mouvement, inlassable, imperturbé, imperturbable…

Non pas que ces gens qui passaient étaient malheureux, ou triste, mais simplement amères. Et encore. Si ce lieu n’était pas un point de pèlerinage, c’était là qu’ils allaient se recueillir…Car là au moins, les gens passaient sans prendre garde, sans prononcer une forme de mot, sans la moindre expression sur le visage. Certains ne faisaient que passer, furtifs et discrets comme le vent, d’autres venaient régulièrement, marchant dans le même claquement et dans le même sillon tracé par la routine et les derniers y avaient prit racine, ils y passaient leur vie…parfois même leurs vies…

Les mains croisées sur sa poitrine, son sac de voyage posé à côté de lui, Stefane attendait…Il attendait son destin…Il attendait depuis peu, depuis longtemps…En fait, il ne savait pas vraiment depuis quand il était là…Ses paupières se fermèrent. Elles cachèrent ses yeux pour qu’ils ne voient pas cette sobre réalité. Elles voilèrent l’âme de l’adolescent calme, stoïque, sombre, bouleversé, perdu, à la recherche de lui-même…Il plongea lentement dans un profond sommeil où plus rien de la réalité ne passait, il n‘entendit plus le fracas répétitif des pas sur les dalles, il ne vit plus l‘aveuglante luminosité de l‘endroit, il ne sentit plus l’odeur du tabac incrustée dans les vestes des passants, il ne ressentit plus cette douleur qui lui entravait le cœur depuis son départ…

Stefane Œdipe était né le troisième Jour du cinq cent quatrième héliocycle dans une famille aisée de la ville de Santos. Très jeune, il fit preuve de grandes capacités intellectuelles. Il suivit d’ailleurs une brillante scolarité dans le complexe scolaire de Santos. Un jour, peu après son cinquième anniversaire, il vit sa mère au téléphone. Elle pleurait beaucoup. Pourquoi ?   Il était alors trop jeune pour trouver la réponse. Alors il pleura à son tour. Sa mère l’emmena dans l’automobile. Et ils partirent. Ils prirent une route que Stefane ne connaissait pas. Il prirent un virage que Stefane ne connaissait pas. Un bruit infernal de crissement que Stefane ne connaissait pas éclata. Devant lui, sa mère, qui dans son tourment et sa précipitation n’avait pas mit sa ceinture de sécurité ,   fut éjectée et s’encastra brutalement, la tête la première, dans le pare-brise du véhicule qui prit alors une inquiétante teinte rouge. Sauvé par son harnais de sécurité, Stefane comprit que Maman ne se réveillerait pas et que Papa ne rentrerait plus du travail le soir…

Tout alla très vite par la suite. Stefane hérita officiellement de la fortune de ses défunts parents, fortune sur laquelle la main de sa famille adoptive fut mise. Mais de toutes façons, il était trop jeune pour comprendre cela. La famille adoptive qui s’occupa de lui pendant quelques années ne marqua nullement le jeune garçon démuni de tout repère et psychologiquement détraqué…Un soir, un grand homme sombre avec une grande veste noire était venu frapper à la porte. Il demanda à partir avec Stefane qui fut mit à l’écart de la conversation entre le mystérieux venu et le père de famille. Pendant ce temps-là, la mère de famille plia les bagages de l‘enfant. Ce fut la dernière fois que celui-ci vit sa famille adoptive. De toutes façons, il ne les aimait pas et il n’était pas mécontent de partir avec l’inconnu. Ce dernier qui tenait la maigre valise de Stefane le fit monter dans une petite voiture. Le véhicule aussi noir que le mystérieux bonhomme chemina longuement dans les dédales de rues de la ville obscure et les emmena L’aéroport. C’était un vaste endroit, plus grand et somptueusement vitré que tout ce que Stefane avait pu observer jusque là. Le regard perdu dans les voûtes de verre, dans les centaines passants et autres plantes exotiques parfumant l’atmosphère d’une ambiance étrangère….

Il était trop jeune pour comprendre ce qu’annonça une douce voix au micro. Mais à la suite de l’annonce, le grand homme qui ne s’était toujours pas présenté prit Stefane par la main et ,   se fondant dans la foule, ils prirent un escalator, puis s’enlisèrent dans un couloir sobre, ils firent la queue à un poste de douane, ils franchirent une porte électromagnétique et enfin, ils accédèrent à l’embarcadère. Ils trouvèrent grande ouverte la porte de l’avion où se tenait une agréable hôtesse de l’air saluant les voyageurs. Ils entrèrent dans le compartiment clairsemé d’hasardeux passager pour lequel l’homme à la veste noire avait deux places. Stefane s’assit du côté hublot. Ce périple nocturne l’avait grandement fatigué, si bien qu’il trouva le sommeil avant que ne décolle l’appareil pour des horizons inconnus du jeune enfant…

Un type lui tapota soudainement l’épaule : « Hé !   Ton train vient d’arriver !   » Qui était cette personne inconnue qui venait perturber son sommeil ?   Il ne le connaissait pas, mais les passants qui n’avait rien à faire avaient coutume d’aider les voyageurs comme Stefane. Celui-ci mit un certain temps avant de recouvrer ses esprits, puis il s’étira et s’équipa de son sac de voyage en bandoulière. Il se leva péniblement et d’une lente et lasse marche, il se dirigea vers le quai numéro quatorze où son train se trouvait effectivement…

Stefane grimpa dans le premier wagon et traversa péniblement les nombreuses voitures. Il aimait regarder les gens. Plongés dans leur journal dans leur musique ou dans leur sommeil précoce, les passagers patientait chacun jusqu’au départ du train. Au fur et à mesure que l’adolescent traversait les compartiments, les sièges se vidaient. Il regarda par une fenêtre. Au-delà de la langue de béton que piétinait inlassablement les passants, les penseurs de la gare, se trouvait une seconde voix, inoccupée…

Il arriva dans la dernière voiture qu’il devait traverser. Celle-ci était absolument déserte. Seuls un père et son jeune enfant occupaient les places centrales. Ils lui tournaient le dos. Penchés sur la vitre, ils brassaient lentement l’air de la main droite, faisant signe à une belle femme restée à l’extérieure, sur le quai. C’était certainement leur mère. Stefane s’arrêta devant cette scène. L’homme et l’enfant qui partait pour apprendre la vie. De l’autre côté de l’épaisse vitre, la mère, restée au pays. Pour que faire ?   Peu lui importait. Une larme roula doucement sur la joue du gamin. Stefane s’émut devant cette scène d’adieu. Lui aussi partait en voyage. Lui aussi était parti en voyage…Autrefois…Mais jamais il n’avait reposé dans les bras de son père en saluant le doux regard protecteur d’une mère…Jamais…

Il s’arracha à cette pensée. La vie est dure, c’est ainsi…Devrait-il attendre l’heure du dernier voyage pour pouvoir dire adieu à ce monde et revoir sa mère ?   Probablement…Il arriva dans le carré vide de monde à l’extrémité de la voiture où apparaissait le numéro de sa place…Dès qu’il posa son sac sur le siège, une secousse anima le wagon et le train quitta la gare. Avant de s’asseoir, il ferma le rideau. Il se disait que voir défiler le paysage le rendait malade, mais ce n’était qu’un prétexte pour oublier qu’il n’aimait pas penser. Lorsqu’il pensait, la vision de sa mère traversant le pare-brise de l’automobile lui revenait. Et il n’aimait pas ça, car il se disait alors qu’il n’avait jamais vraiment connu sa mère, qu’il n’était pas normal…Pourquoi tout cela lui arrivait ?   A lui ?   Pourquoi avait-il tout quitté ?   Pourquoi était-il dans ce train ?   Pourquoi sa mère n’était pas de l’autre côté de la fenêtre ?  

La puissante locomotrice blanche zébrée de bleu avait atteint sa vitesse maximale, elle traversait alors les champs, les montagnes, les ponts à une vitesse vertigineuse, tractant agilement les dizaines de wagons derrière elle. Mais elle avait beau se déplacer dans la célérité, Stefane allait loin, très loin, au-delà des montagnes, des prairies et des mers, vers un endroit dont seul le soleil au crépuscule connaissait les secrets, il en avait entendu parler ;   Especity…

L’homme à la veste noire l’avait emmené aux Amériques, le continent de l’Ouest. Stefane devait y être placé dans un internat pour reclus de la société. A des milliers de kilomètres de chez lui, au-delà d’un océan, il devrait aller affronter la vie dans un Établissement Ultra-Scolaire. Cette vie était la réalité, autre que celle qu’il avait connu dans les Landes, le continent de l’Est. La vie aux Amériques était grise. Stefane plongea dans une dépression. Seul dans son dortoir, le visage plongé dans son oreiller, il pleurait. Mais à quoi cela servait-il de pleurer ?   Il n’était pas comme les autres ;   il n’avait pas de parents ;   sa place dans cet endroit était justifiée. Si beaucoup d’autres jeunes de l’établissement étaient dans son cas, il se sentait bien seul, mais cela lui plaisait. Il s’était lassé de répondre à tous les fauteurs de trouble, il encaissait. Il en avait assez de voir toutes ces années durant ces types abrutis le matraquer de slogans discriminatif, ignorant la tolérance. Il en avait assez de voir toutes ces filles si belles et sensuelles se laisser enlacer dans les bras d’un crétin écervelé sous prétexte qu’il était beau ou marrant. il en avait assez de voir tous ces jeunes immatures et violents à ses côtés et au quotidien. Parce qu’il avait été rabattu à leur niveau. Il en avait assez de voir sa grosse prof de géographie -Madame Parker- donner des cours de géographie abrutissante sous une bannière étoilée et bariolée de rouge et blanc. Car au bout de sa baguette ne se trouvaient pas les Landes, avec la douce ville de Santos et un magnifique planisphère bleuté et clairsemé de campagnes verdoyantes et de massifs jaunâtres, mais simplement un continent informe et apatride divisé en quelques contrées au nom qu’il abhorrait ;   « Oklahoma », « Texas », « Washington »… Car la politique éducatrice ne se basait dans ce pays que sur le Nationalisme, le Patriotisme, le reste du monde étant secondaire, voire tertiaire…Le continent des Amériques n’était en effet qu’un seul et même pays divisé en plusieurs contrées plus ou moins indépendantes, mais Stefane n’en avait absolument rien à faire ;   il préférait poser sa tête dans le creux de sa main et s’évader par la fenêtre, il allait voler dans les arbres comme dans les nuages en sifflotant aux côtés des oiseaux, et il allait si haut dans le ciel que la vision de sa mère lui était limpide, souriante et rassurante…

Ce peuple, il les méprisait, car il considérait que c’étaient eux qui l’avaient enlevé à sa douce vie, qui l’avait perturbé…Une heure par semaine, il avait un cours dont il ignorait absolument l’existence auparavant, la Religion. Ce seul mot et sa signification lui était entièrement inconnus. Il trouva stupide et invraisemblable que des gens, des humains puissent croire que l’univers entier ai été créé et soit régie par un « Dieu ». C’était une croyance qu’il avait du mal à admettre, et qu’il trouvait stupide. Certains étaient même convaincus que le monde n’avait pas plus de cinq milles ans…Mais comme aux Amériques il était obligatoire d’adhérer à cette idéologie, Stefane fit semblant d’y croire…

Quinze ans. Quinze ans qu’il était né. Quinze ans qu’il vivait dans ce monde. Quinze ans qu’il fêta tout seul, sur son lit…Il ne dormait pas. Il avait fait semblant de dormir à points fermés lors de la dernière ronde des pions pour se lever au milieu de la nuit. Il se tenait alors devant une fenêtre. La nuit était épaisse. Le ciel dégagé laissait transparaître son intimité étoilée. Mil feux scintillaient joyeusement là-haut. Comment pouvait-on admettre que tout cela soit la seule œuvre d’un « créateur » ?   C’était tellement beau. Une étoile tout là-haut brillait différemment des autres. Elle semblait vouloir lui parler, lui susurrer quelque mot d’amour, de soutien…Stefane comprit le message. C’était un appel. Le monde, l’univers l’appelait, sa place n’était pas dans cet internat. Il fallait qu’il aile loin, très loin, qu’il retourne chez lui, qu’il quitte ce maudit pays qui ne connaissait certainement pas le lieu d’où venait l’adolescent…

Sans réfléchir, il se vêtit en silence, prit son sac, le porte-monnaie d’une brute et quitta silencieusement le dortoir. Pourquoi ?   Comment ?   Quand ?   Où était-il partit ?   Il n’en savait rien. Il ressentait profondément cette soif de liberté. Alors il se retrouva plusieurs jours durant à braver la campagne, à errer dans les sous-bois, traverser les champs…L’administration avait dû constater son absence et signaler sa disparition, alors il évita de rentrer dans les villes. Pour rien au monde il ne serait retourné dans ce maudit internat. Tout ce qu’il voulait, c’était fuir, partir. Ce continent, cette population, ces mœurs ne lui convenaient pas, il voulait rentrer chez lui.

Ainsi, il se retrouva un jour dans un hall de gare où errait des centaines de gens comme lui, sans destination, mais lui avait un ticket pour la côté Est des Amériques dans la main. Mais son train avait du retard. Alors il s’assit sur un banc et s’endormit. Un clochard vint le réveiller pour lui dire que son train venait d’arriver. Stefane se leva dans la précipitation et courut vers son train, trouva sa voiture, son compartiment et sa place et, à peine installé, le train prit son départ. Épuisé, Stefane ferma doucement les yeux et s’endormit de la même façon que dans la gare…


Et le train continuait sa route vers l’autre bout du continent, lancé sur ses rails, son destin auquel il ne pouvait échapper…


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Qui avait dit que la bonne ambiance serait conservée malgré le changement de forum ?

C'est quoi cette cission de merde ?!  

Je suis déontologiquement incapable de poster mes nouvelles, ce que je projetais de faire, dans une telle ambiance, et je suis heureux de me faire jeter...

Dépersonnification, ambiance pourrie, recherche du profit, mauvaise circulation des informations...Les forums sont définitivement morts et démodés en fait...
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  1. answer
  2. Posté le 02/04/2005 à 20:16:52  
  1. Prévenir les modérateurs en cas d'abus
 
Toujours aussi bien!!! :wink:
Ca change, et en même temps, c'est toujours toi.
La suite? :wink:

Déontologiquement absent...
Profil : Quidam
bravo_leader
  1. answer
  2. Posté le 03/04/2005 à 09:03:21  
  1. Prévenir les modérateurs en cas d'abus
 
Merci ! Par contre, ça fait pas l'unanimité sur les autres forums où je poste... En profitant de t'avoir, toi ô Amélie, bonne lectrice, je vais faire ma pub pour mon autobiographie, Un Amour Sans Amour, aujourd'hui inactive, puisque le post d'un ultime chapitre est prévu pour ... bientôt ...


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Annanas à sa petite crevette
Profil : Star
the-annanas
  1. answer
  2. Posté le 03/04/2005 à 13:11:10  
  1. Prévenir les modérateurs en cas d'abus
 
ey moi aussi je suis une fervente admiratrice de tes romans  !!lool j'adore vraiment,tu écris trop bien :D
t'as un don pour l'écriture !j'attends la suite avec impatience :P

Profil : Célébrité
oceane
  1. answer
  2. Posté le 03/04/2005 à 14:06:47  
  1. Prévenir les modérateurs en cas d'abus
 
Superbe, j'a vu que tu as suprimé le morceau de la fin, ça fait mieux comme ça, je n'ai plus rien à dire continue !!!

J'attends la suite bien sûr. :wink:

Déontologiquement absent...
Profil : Quidam
bravo_leader
  1. answer
  2. Posté le 08/04/2005 à 07:25:56  
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Je vais soumettre ce chapitre à ma prof de Français pour voir ce qu'elle en pense...


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Profil : Quidam
bravo_leader
  1. answer
  2. Posté le 16/04/2005 à 15:36:26  
  1. Prévenir les modérateurs en cas d'abus
 
Voilà, le deuxième chapitre...Comme je suis en vacances, j'éspère pouvoir produire à un rythme un peu plus soutenu que 0.5 chap/sem...Allez, bonne lecture !





CHAPITRE 2





 Stefane fut réveillé par le grincement des roues du train. Sa cabine était sombre, des voix lui parvenaient furtivement…Était-il arrivé à Especity ? La première chose qu’il fit fut d’ouvrir le rideau qui avait masqué la lueur du jour pendant tout son voyage. Il vit un quai sur lequel passaient des gens lourdement attelés et semblant descendre du train. Au-delà se dressait une barrière vétuste et de l’autre côté, la liberté. L’océan caressé du bout de l’aile d’un oiseau et sensuellement embrassé d’un coucher de soleil pur diffusant son amoureuse teinte orange dans toute la voûte céleste qui commençait à faire paraître comme des rumeurs ses timides étoiles…

 Empressé d’admirer ce spectacle au dehors, Stefane se leva de son siège en empoignant son sac et sortit en trombe de la voiture. Il arriva sur le quai puis se rua au travers de la foule comme un prisonnier brassait la liberté à la fin de son bagne. Il bouscula quelque demoiselle, écrasa la queue d’un chien, mais hypnotisé par le panneau indiquant la sortie, il ne faisait pas attention au chemin qu’il empruntait. Devant la porte donnant sur le hall de gare, il coupa le chemin d’une personne âgée et poussa violemment la porte vitrée. Il fusa entre les regards tantôt souriants, tantôt étonnés des voyageurs, des mendiants et des guichetières. Lorsqu’il fut enfin arrivé dehors, l’air frais du vent littoral lui emplit les poumons et le champs des oiseau marins lui berça les oreilles.

 Il avait tant espéré ce moment, car il n’avait vu ni senti la mer depuis d’innombrables années. Il s’assit sur une marche du parvis de la gare et, le menton enfoui dans sa main, il ferma les yeux et se berça langoureusement au son de l’écume qu’il distinguait déjà. Puis il se releva et prit joyeusement la marche vers la plage. Il traversa le parking, la rue, quelques boulevards et arriva enfin au chemin qui longeait la côté.

 Stefane franchit la barrière et marcha gaiement sur la dune fragile, mais au moment de quitter celle-ci, une pensée l’effleura. Il regarda le soleil encore éblouissant malgré son déclin amorcé et la plage ; son silence était terrible et seul le râle des déferlantes osait le défier. Mais surtout ; il n’y avait personne…Il s’assit sur le bord de la dune et ôta ses chaussures et ses chaussettes. Il descendit nus pieds sur la grande étendue de sable rafraîchi par le soir. A chaque pas qu’il fit, ses pieds s’enfonçaient doucement dans les milliers de petits grains jaunâtres. L’adolescent traversa ainsi la plage jusqu’au bord de l’océan, là où les vagues mourraient. Il fixa l’horizon où passait un navire de commerce. Il venait certainement du pays de Stefane. Ce pays était à la fois si lointain et si proche…Seul un océan de deux milles kilomètres le séparait de sa terre natale.

 Il plia les genoux jusqu’à se retrouver accroupi sur le sable cette fois humide. Pour la première fois depuis longtemps, son long et maigre visage esquissa un timide sourire, ses petits yeux verrons brillèrent d’une joie intérieur que d’avoir fui son destin et ses cheveux noirs en bataille tremblaient au rythme du vent qui lui caressa doucement la face en ramassant la mèche qui lui tombait continuellement sur l’œil gauche…

 Le doux crépuscule avait laissé la place à la nuit noire. Le sable blanc était éclairé par la lune pleine en cette bonne nuit et la bise du vent était une froide mais agréable caresse sur la peau. Stefane qui semblait s’être assoupi se réveilla, comme si il n’avait jamais dormi ainsi  jusque là. Il se sentait bien. Il resta assis devant la mer qui s’était retirée et entendit des voix. Deux petites voix jeunes et féminines. Il se retourna pour en apercevoir la source. Là-haut, sur la dune qui ceinturait la plage, il distingua les silhouettes de deux adolescentes, certainement de son âge…

 L’une était assez petite, elle avait de grands cheveux roux  et parlait avec l’autre, qui tournait le dos à Stefane, celle-ci paraissait assez grande et ses cheveux noirs et raides étaient fourchés au niveau de ses épaules dévêtues…Que pouvaient bien faire deux si jeunes filles à une heure si tardive sur les dunes ? Elles disparurent rapidement dans la brume qui se levait, comme évanescentes…Le jeune homme se demanda un court instant à quoi cela pouvait-il bien rimer, puis il se leva lourdement, il prit son sac et retrouva les empreintes de pieds qu’il avait laissées à l’allé et retrouva le chemin par lequel il était arrivé sur la plage et par lequel il regagna la dune…

 Après s’être rechaussé les pieds, Stefane s’enfonça de nouveau dans la grande ville balnéaire. Il se promena malgré l’heure tardive dans les grandes avenues d’Especity.  Les vitrines des magasins étaient restées allumées, elles mettaient en avant bien des mannequins, exhibant de riches habillements, de somptueux bijoux qu’admiraient un couple de jeunes gens amoureusement enlacés. Les enseignes lumineuses diffusaient sur le noir béton des teintes explosant de couleurs aussi vives que variées, déclinant du rose au bleu en passant par de puissants verts ou jaunes…La route éclairée de ce magnifique arc-en-ciel et d’ impassibles réverbères n’était en fait qu’un désert lunaire, dégageant une certaine impression apocalyptique…

 A un boulevard, une horloge électronique indiquait à la rue l’heure courante ; il était trois heures et quart du matin, et Stefane n’avait nullement sommeil. Alors il ignora cet avertissement et poursuivit la lune. Celle-ci le mena à une impasse. Sur la gauche se dressaient d’imposants immeubles noirs et tristement sobres, mais sur la gauche s’étendait une mystérieuse grille verte de quatre mètres de hauteur. Au milieu de celle-ci trônait une porte qu’on aurait cru être en acier blindé…Il y lut ceci : « Lycée d’enseignement général et technologique de la plage »

 C’était donc un lycée. Un lycée normal pour les gens normaux. Mais peut-être y avait-il d’autres adolescents comme lui à l’intérieur…Sa main entra en contact avec la froide porte. Sa froideur lui paralysa la main, remonta tout au long de son bras et lui parcourut le corps en un frisson d’un instant. En pressant un peu, elle se décala en grinçant un peu ; elle était ouverte…

 Stefane entra discrètement dans l’enceinte de l’établissement, éclairé par la seule lueur de la lune…Après avoir silencieusement refermé la porte derrière lui, il s’aventura dans la cour principale, autour de lui se dessinaient de grands bâtiments bardés de centaines de fenêtres décolorées, véritables barreaux de cellules que constituaient les salles de cours pour les élèves…A côté de la porte d’accès à un bâtiment étaient affichées une dizaine de notes de services, de renseignements et d’autres avis de recherche…

 Une grande feuille jaune disait ceci : « La fête du lycée aura lieu le dernier jour de cette dizaine de vingt heures à minuit au gymnase - Entrée gratuite, moyennant la présentation du carnet personnel - boissons et sandwichs à acheter sur place - Au programme : Concerts rock de groupes du lycée. - L’administration - »

 La fête du lycée…Stefane pourrait aisément y aller en se faisant passer pour un jeune de l’établissement et rencontrer des gens normaux de son âge…Le dernier jour de la dizaine était le lendemain, il pourrait donc passer la journée en ville et s’inviter à la fête dès le soir venu. Et puis il partirait le surlendemain en bateau pour les Landes où il vivrait une vie toute nouvelle pour lui ; même si il ne savait pas encore très bien par où commencer…

 Il fit demi-tour et ressortit du lycée comme il était venu, tel un fantôme…

 Stefane se réveilla. Il avait dormi le jour dans le hall de la gare par où il était arrivé à cette ville, ce monde qui était son rêve. Il consulta le grand cadran qui indiquait alors dix-huit heures et cinquante minutes ; il lui restait une grosse heure pour se préparer et se rendre au lycée de la plage. Il s’éclipsa aux toilettes des lieux. Lorsqu’il arriva dans la petite pièce incluant deux cabines de WC et un lavabo, il y avait déjà un homme. C’était un homme étrange. Vêtu de vert, son visage jeune et abîmé était orné d’une légère barbe et laissait transparaître une profonde fatigue et une lassitude sans limite. Ses bras s’articulaient pour exécuter un geste qu’il répétait certainement tous les jours ; il se piquait. Stefane avait l’habitude d’assister à ce genre de spectacle ; lui-même se piquait autrefois, lorsqu‘il était au centre de jeunes reclus de la société…Il s’enferma dans une cabine et attendit que le drogué ne se soit échappé pour sortir et se présenter devant la glace qui surmontait le lavabo.

 Il se débarbouilla rapidement, s’arrangea les cheveux et se lava les mains, puis il sortit des toilettes et enfin de la gare. Dehors, le temps était comme la vielle ; radieux. La douce obscurité avait laissé place à la virilité du soleil qui inondait de sa lumière les rues surchauffées et exaspérait les touristes qui se ventilaient par leurs propres moyens. L’heure du début de soirée nuançait heureusement ce climat estival. Au détour d’une rue, Stefane croisa un groupe de jeunes, ils étaient vêtus de jeans, les cheveux coiffés en arrière à l’aide de gel, des visages beaux gosses, un pack de bières à la main…Était-ce à cela que ressemblait un adolescent normal dans cette société ? Stefane, lui, avec ses cheveux ébouriffés qui lui tombaient sur le visage, ses yeux cernés, ses vêtements simples rouge et noir et son vieux sac en bandoulière n‘avait aucune notion de la normalité chez ce genre de personne…

 Ils allaient certainement à la fête du lycée, Stefane, qui ne se souvenait plus très bien de la situation de l’établissement, les suivit. Ils arrivèrent ainsi à l’entrée du lycée où une cinquantaine d’adolescents s’étaient retrouvés, fumant et buvant allégrement avant même que ne soient ouvertes les festivités. Mais l’essentiel de la population lycéenne se trouvait dans la cour, le visiteur fut même surpris de voir autant de monde en un seul et même endroit ; plusieurs centaines de filles et de garçons, entre quinze et dix-huit ans regroupés en petits amas éparpillés de parts et d’autres de la grande cour. Les plus vieux se rapprochaient de la porte d’entrée pour fumer ensemble et les plus jeunes faisaient déjà la queue pour rentrer dans la grande salle du gymnase transformée pour l’occasion en petite salle de concert et certainement en piste de danse. Résolu à affronter d’emblée le plus difficile, l’étranger se glissa dans la file d’attente, en espérant passer au travers des mailles du filet tendu par les regards des surveillants.

 La queue avançait relativement vite, si bien qu’au bout de cinq petites minutes, la jeune fille qui précédait Stefane franchit les portes du gymnase après avoir présenté un carnet portant le nom de l‘établissement et le sien. Il comprit à ce moment là que ses chances d‘entrée étaient nulles. L’intrus se présenta entre les surveillants en dégoulinant d’ors et déjà de sueur à l’idée d’être incapable de présenter une preuve d’ailleurs fausse qu’il appartenait à ce lycée. Mais alors qu’un pion allait ouvrir la bouche pour lui demander de présenter ce fameux carnet, le deuxième tapa sur l’épaule du Stefane qui sursauta. « Hé ! C’est Boulzaguay, le fils du directeur, tu vas quand même pas lui demander une pièce d’identité ?! » Ronchonna l’imposante personne à son collègue qui laissa passer l’inconnu.

 Éperdu de cette chance inouïe, Stefane remerciait du fond du cœur ce Boulzaguay d’avoir existé et franchit à son tour les portes du gymnase. Devant lui s’étendait alors un sombre couloir carrelé de toutes parts. Le rythme de quelque chanson effrénée faisait vibrer l’air et vient lui exciter les tympans. Ca y était, il entra dans la grande salle…


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  2. Posté le 25/04/2005 à 08:31:34  
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CHAPITRE 3




 Stefane entra par un couloir qui débouchait dans des gradins, ceux-ci occupaient le fond de la fameuse salle clairsemée de groupes d’individus, comme sur la cour. Il y faisait noir, bien que cette obscurité était balayée par des effets lumineux colorant les murs et les danseurs précoces de milles feux éclatants. L’intrus regarda lentement autour de lui, il était sur la cinquième rangée de gradins, mais dans la mesures où ceux-ci s’avéraient très pentus, il disposaient d’une bonne vue d’ensemble qui rassasiait sa curiosité pour les gens de son âge et de castes normales…

 Il se retourna discrètement. A cinq mètres derrière lui se trouvait assis un couple d’amoureux, entrelacés, il joignaient jalousement leurs lèvres pendant que le garçon palpait vulgairement les fesses de sa copine. Cette attitude outrait Stefane, qui ne comprenait décidément pas cette définition de l’amour. Sa soif de connaissance devint curiosité, il prêta un peu plus d’attention à la scène. Les douces mains de la fille massaient sensuellement les cuisses du garçon qui promenait les siennes sur le dos de sa compagne. Il n’y avait nul besoin de connaître l’un ou l’autre de ces partenaires pour comprendre qu’ils n’étaient bon qu’à bordeliser les cours de maths et qu’ils ne se faisaient valoir que par leur beauté subjective ou leur arrogance…

 Dégoûté de ce spectacle, certainement par jalousie, mais lui-même ne le savait pas, Stefane se retourna vers la scène qui restait nappée dans l’obscurité et ne s’aperçut que là que depuis qu’il était arrivé, un fracas assourdissant qui ressemblait par passages à de la musique mais qui semblait servir de base pour la troupe de crétins bondissant sur place et beuglant stupidement qui s’était amassé aux premiers rangs de la salle…En se rendant compte de ce que signifiait « divertissement » pour ces jeunes gens, Stefane hésita à se lever et à s’en aller, dégoûté de la nature la jeunesse de ce pays…Mais il resta, lui-même ne savait pas pourquoi…

 Depuis la petite demi heure qu’il était assis là, Stefane voyait la salle se remplir petit à petit ; les jeunes arrivaient par petits groupes de quatre ou cinq et venaient s’agglutiner aux autres existant déjà…Certains parlaient entre eux, d’autres se dandinaient sur place en essayant de  danser sur le rythme soutenu de la musique et d’autres encore s’accoudaient à la buvette pour s’offrir quelques vers.

 Il était huit heures et demi lorsque l’infernal vacarme des sonos s’arrêta enfin. Un jeune apparut alors sur la scène qui s’étaient doucement éclairé. A la vue des regards qu’y portaient les adolescents, Stefane devina qu’il s’agissait d’un haut délégué élève. Celui-ci avait une  assez grande taille, son visage radieux portait des petites lunettes rondes et ses cheveux coiffés avec une raie impeccable semblaient briller dans l’obscurité. Il était également vêtu d’un pantalon noir et d’un chemise blanche semblant sortir d’un placard…Il parla timidement dans le micro qui trônait devant lui. Toujours assis sur son gradin, l’étranger n’entendit pas très bien certains passages, mais il comprit que des groupes élèves de musique allaient se succéder sur scène…

 Après un maigre applaudissement de la foule qui s’était amassée devant la scène, le jeune à la chemise blanche se retira dans les coulisses et un nouveau garçon de taille moyenne vêtu d’un T-short rouge et d’un pantalon sombre apparut. Il s’installa sur une chaise sous le micro central et prit en main la guitare acoustique qui était cachée à l’ombre de son dos lors de son arrivée. Le chanteur guitariste se présenta succinctement. A sa droite était apparue une fille vêtue d’une grande robe aussi noire que ses yeux ; elle semblait avoir bien moins que quinze ans et, disposait, elle, d’un violon qu’elle cala agilement entre son épaule gauche et son menton. Le micro qui se présentait à hauteur de ses douces lèvres sombrement violettes indiquait qu’elle s’affairerait également de la seconde voix. De l’autre côté de la scène était monté un jeune homme robuste aux yeux bleus et dont le menton se terminait par un bouc. Ce musicien se prépara à gratter sur sa guitare basse toute noire et blanche.

 Le spectacle amateur commença, la jeune violoniste tira agilement sur son archet qui frotta délicatement les cordes d’où émanait un son particulièrement harmonieux. La douce mélodie plate et peu rythmée mais agréable fut bientôt accompagnée par les agiles accords de la première guitare. La musique prenait alors une vraie dimension. Stefane se pencha sur son banc, il joint les poings et y posa son menton pour s’intéresser davantage à l’œuvre qui était vraisemblablement une reprise. La voix s’accordant parfaitement à sa guitare, le chanteur entama quelques vers dans une langue que le spectateur alors passionné ne connaissait pas. Deux couplets s’enchaînèrent, interrompus par un interlude de toute beauté tiré des cordes frottées de la belle violoniste. Lorsque le deuxième fut terminé, le bassiste entra en action, il gratta une à une chacune des quatre cordes en faisant varier les notes. Ces dernières montèrent crescendo jusqu’à ce que la guitare sèche reprit la mélodie du couplet avec un nouveau ton. Ayant abandonné son instrument, la violoniste joint sa superbe voix à la puissance émotionnelle du chant déchirant de mélancolie.

 Si les paroles demeuraient pour Stefane incompréhensibles, le sens était conservé dans la tonalité, et il s’imagina une quelconque histoire d’amour illusoire, un chagrin d’amour ou des envies suicidaires…Ce spectacle l’intéressait finalement ; il se leva alors et descendit les gradins, évitant autant que possible les pieds et les regards. Il arriva dans la fosse et se fraya un chemin entre les avides de métal et de hard rock refoulés par les amants du violon. Ces derniers furent rejoints par l’intrus. Le temps qu’il avait mis à arriver jusque là fut fatal à la chanson qui mourut dans un ultime decrescendo du violon…

 Le chanteur fit une accolade aux spectateurs qui répondirent par des sifflements et un fracas d’applaudissement que nourrit avec enthousiasme Stefane…    

« La prochaine chanson a été écrite et composée par moi-même… » Dit-il timidement avant de replonger les yeux vers sa guitare dont il modifia la tension des fils. Cette fois, ce fut lui-même qui ouvrit le morceau, il gratta agilement et rapidement les cordes de sa guitare, produisant un son agréable et comme bucolique. Le violon et la basse le rejoignirent bientôt, mais Stefane était tellement plongé dans l’audition des cordes qu’il ne prit gare à la voix haute et étrangement juste du chanteur, rejointe comme précédemment par la violoniste à la voix troublante et belle sur un refrain implorant…

 Le deuxième morceau était déjà fini. Si il s’était avéré très beau aux oreilles de Stefane, il lui sembla que la structure et les mélodies de ce groupe était quelque peu répétitives pour être remarquables, mais quel talent ! En applaudissant jusqu’au bout de l’ovation, il constata avec un certain dommage que ce groupe ne présentait que deux morceaux ; il quittait déjà la scène vers les sombres coulisses…

 Le jeune homme regarda alors autour de lui ; en dehors de quelques habitués des premiers rangs, une grande partie du public s’était enfui vers la buvette et de nouvelles têtes étaient cependant arrivées, beaucoup de filles notamment…Des visages ronds, des yeux de biche, des queues de cheval…La beauté féminine était présente…

 L’entracte musical de deux ou trois tubes de l’été fut relativement courte, jusqu’à ce que les lumières de scène revinrent. La teinte était différente de celle utilisée par le groupe précédent, la lumière était en effet jaune tamisé. Des coulisses sortirent deux silhouettes, l’une se plaça sous le halo de la droite de la scène, il s’agissait d’une fille. Assez grande, elle était vêtue d’un débardeur noir qui laissait paraître une croix pendant sur sa poitrine et son nombril qui surmontait un pantalon noir et très moulant, mettant en valeur les formes merveilleuses de l’adolescente. Son visage non pas squelettique mais fin semblait illuminer la sombre scène par sa pâleur contrastant avec ses yeux fins et aussi noirs que ses cheveux plats et raides qui fourchaient sur ses épaules nues et blanches. La gothique s’attela d’une belle guitare électrique toute noire et blanche, du même modèle que la basse du groupe précédent, mais il s’agissait là d’une guitare. Pendant que Stefane se faisait la description de cette musicienne, un bassiste et un autre guitariste ainsi qu’un batteur étaient également montés sur la scène.

 Bientôt, le vide qui régnait depuis quelques secondes derrière le micro central fut comblé ; la chanteuse du groupe arriva. Lorsque Stefane la vit, un éclair fusa sur entre le public et la scène ; elle lui était tout simplement ravissante ! La chanteuse s’avérait relativement petite elle était vêtue d’une robe courte, toute noire et découvrant ses épaules qui recouvrait le haut de son pantalon noir très large d’où pendaient de grosses poches et des lambeaux de tissus rouges. Mais ce qui la rendit remarquable aux yeux de Stefane, ce fut son visage, rond et rubicond doté d’un petit nez fin et droit et d’une paire d’yeux charmeurs et timides à la fois à la pupille verte. Sur son front pendaient quelques mèches d’une chevelure incroyablement long ; ses cheveux roux et un peu désordonnés tombaient en effet en ondulant et les fourches teintées de noir mourraient jusque sur ses fesses peu prononcées…

 En voyant une pareille beauté, Stefane se dit « Oh ! Qu’elle est belle ! » Mais il le pensa tellement fort qu’il lui sembla que tous les regards convergèrent vers lui notamment celui de la chanteuse qui s’attarda sur lui lorsqu’il balaya le public. Après quelques échauffement peu fructueux du public, le batteur commença à s’exciter sur sa batterie, frappant le rythme déjà soutenu du morceau. Chants, chorégraphies statiques et accords se succédèrent dans une chanson rythmée et quelque peu violente. Le spectateur au départ enthousiaste ne fut pas très convaincu par la prestation de la beauté rousse et de sa copine gothique…

 Mais ce ne fut pas le sentiment partagé par les esprits qui l’entouraient ; lorsque le morceau se termina, le merci de la chanteuse fut accueilli par une acclamation de la foule. Il y eut un court entracte pendant lequel Stefane reprit ses esprits ; la musique trop forte l’assommait littéralement. La chanteuse revint de l’arrière obscure de la scène avec une belle guitare réfléchissant les lumières qui pointaient la scène. L’instrument se colorait d’un rouge pourpre nappé de noir. La fille se rendit au micro en ne tenant sa guitare que par le manche. Elle parla d’une petite voix timide et adolescente pour annoncer que le prochain morceau avait été écrit par elle-mêle et composé par Eléanore, la guitariste gothique.

 La musique commença comme auparavant ; la batterie fit déluge, puis la chanteuse gratta agilement quelques cordes, ce qui produisit un son dérangeant et industriel. Tandis que le batteur continuait ce rythme effréné et militaire, Eléanore fit vibrer plusieurs cordes en même temps pour en extraire un drôle de son aussi répétitif que le rythme.

 Puis la chanteuse prit son souffle et se lança. Pendant que ses pieds battaient le tempo en même temps que la batterie, elle prit une profonde inspiration et clama d’une voix perçante et troublante : « Je signe » en allongeant longuement  les syllabes. A peine cela terminé, elle fut imitée par Eléanore qui lança : « je suis ». Et la chanteuse annonça pareillement : « Je crie » et la guitariste à son tour : « Je prie ».

 Et enfin, porté par la voix cette fois fière et impérieuse de la belle chanteuse, le refrain éclata sous le flot de notes métalliques et saturées de sa guitare ruée de coups :

« On deviendra

On deviendra

Ces divisions de la joie

On restera

On restera des armées de sang-froid

Et tu verras

Et tu verras

La beauté de nos choix

Et on sera

Et on sera crucifiés

Nos bras en croix »

 Puis les puissantes notes du refrain se turent et moururent lentement, laissant la place à la guitare industrielle et dérangeante d’Eléanore pendant un court interlude seulement, car pour le second couplet, seul la batterie, dont le rythme était toujours soutenu par les battements de pieds de la chanteuse, se faisait entendre derrière les voix : « On signe » reprit la chanteuse comme au premier couplet, mais en tuant la dernière syllabe, la voix de la guitariste venait s’interposer : « On se suit ». Et ainsi de suite :

« -La chanteuse : On brille

-Eléonore : On choisit

-La chanteuse : On fuit

-Eléonore : Sur nos vies

-La Chanteuse :On prie

-Eléonore : Pour nos vies »

 
Et le retour dé l’air du refrain fut tout aussi spontané et violent : « Je réalise » « Je réalise » Répétait toujours la guitariste gothique. « Tout ce qui nous divise » Conclut la chanteuse avant de reprendre : « Tu réalises » et ainsi de suite :

« -Tu réalises

-Tous ceux qui nous méprisent

-Et on deviendra

-On deviendra

-Ces divisions de la joie. »

 L’air du refrain atteint alors son paroxysme. La guitare de la chanteuse ne connaissait plus aucun répit et saturait joyeusement le son industrielle dont Eléanore était responsable, on entendit même plus la batterie derrière ce déluge enivrant de notes. Puis elle se réaligna derrière son micro et reprit avec une certaine fierté dans le coin de ses lèvres et au fond de ses yeux : « On deviendra »  « On deviendra » Reprit la guitariste.

« -On restera

-On restera

-Des armées de sang-froid

-On haïra

-On méprisera

-L’empire américain ! »

 A ce dernier vers, un profond dégoût, voire même des grimaces se dessinèrent sur les visages des jeunes spectateurs dont les regards se croisèrent, mais Stefane était bien trop absorbé dans le déluge de notes et la révolte des textes pour s’inquiéter de l’attitude de moins en moins enthousiaste du public…

 « Et on saura » « Et on pourra » répondit une dernière fois l’écho. « Maîtriser notre destin » Puis l’air hargneux du refrain qui laissait un goût de sang derrière la langue ne continua que0 quelques mesures avant d’être interrompu par les sifflements du public et même un jet de tomate trouvé dans un sandwich vendu à la buvette. Les deux chanteuses-guitaristes pourtant pleine de talent et de révolte quittèrent la scène en tournant le dos aux sifflements et au mécontentement de la foule, à l’exception de Stefane qui avait d’ors et déjà les mains écartées, prêtes à applaudir…

 Visiblement, l’avant-dernier vers insultant les Amériques n’avait nullement plu aux spectateurs, mais en écrivant cela, la parolière aurait dû se douter que sa prestation se terminerait ainsi…Elle aussi était comme Stefane, elle aussi se levait contre ce pays et ses mœurs aberrante…

 Il quitta lentement les premiers rangs ou une véritable révolution allait éclater, puis se dirigea vers la sortie…Il se retrouva bientôt dans le sombre couloir par lequel il était arrivé. Au bout de celui-ci se dressait les portes-fenêtres ne laissant que passer la puissante lumière des réverbères entravée par la silhouette des deux pions, toujours aux aguets…


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Qui avait dit que la bonne ambiance serait conservée malgré le changement de forum ?

C'est quoi cette cission de merde ?!  

Je suis déontologiquement incapable de poster mes nouvelles, ce que je projetais de faire, dans une telle ambiance, et je suis heureux de me faire jeter...

Dépersonnification, ambiance pourrie, recherche du profit, mauvaise circulation des informations...Les forums sont définitivement morts et démodés en fait...
  1. answer
  2. Posté le 06/05/2005 à 12:37:00  
  1. Prévenir les modérateurs en cas d'abus
 
ET la suite? :wink:

  1. answer
  2. Posté le 16/05/2005 à 15:43:50  
  1. Prévenir les modérateurs en cas d'abus
 
cry:{}  cry:{}  cry:{}  cry:{}  cry:{}  cry:{}  cry:{}  cry:{}  cry:{}

Ze veux la suite! ze veux la suite!!!

Annanas à sa petite crevette
Profil : Star
the-annanas
  1. answer
  2. Posté le 16/05/2005 à 17:25:42  
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Le fan-club de 2 personnes de bravo_leader réclame la suite avec impatience :D

Déontologiquement absent...
Profil : Quidam
bravo_leader
  1. answer
  2. Posté le 18/05/2005 à 07:43:08  
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Ouais, mais non...désolé...
Je traverse une période difficile, là...
Nan...
Pfff...
Mh ?
Bon, ça fait très plaisir de voir que j'ai encore quelqu'un derrière moi, parceque je suis lâché dans la vie et sur les autres forums où je poste cette histoire, alors je vais faire un effort ! :wink:


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  2. Posté le 18/05/2005 à 19:23:18  
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ah quand meme!!! :D

Déontologiquement absent...
Profil : Quidam
bravo_leader
  1. answer
  2. Posté le 19/05/2005 à 11:58:14  
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Ouais mais t'emballes pas, hein ? Sois pas pressée :?


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  2. Posté le 19/05/2005 à 18:34:17  
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ok ok!!! :wink: je saurais attendre...

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