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Brisés

 

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Brisés

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Profil : Inconnu
emma_ldp
  1. answer
  2. Posté le 31/08/2017 à 14:16:51  
  1. Prévenir les modérateurs en cas d'abus
 
Bonjour ou bonsoir à toutes et à tous.

Je suis Emma et j'ai besoin d'aide. Pour ça, il faut que je vous raconte un peu ma vie.
J'étais une enfant très précoce et mature, ce qui n'a jamais été bon pour les relations avec les autres. Il y avait toujours un fossé. Et puis j'étais l'intello de base. J'ai été harcelée plusieurs fois... truc classique. Mais c'est pas ça le plus important je pense.
Depuis que je suis toute petite, j'ai des sauts d'humeur qui me pourrissent la vie. J'ai fait ma première TS à 9 ans. J'en ai fait cinq autres entre 10 et 13 ans. Toujours cachées. Pas d'amis. Relation très compliquée avec la famille: un père absent et une mère malade et qui, lors de ses crises, devient mauvaise. Insultes, cris, chantage affectif... Bref.
Pour faire face à mes périodes de "dépression" lorsque j'étais petite, je m'inventais des vies.Je devenais folle. J'avais carrément une autre personnalité... J'en ai jamais parlé à personne car j'ai honte en y repensant... C'était tellement étrange...
Les choses se sont compliquées lorsque j'ai commencé à avoir des hallucinations, lorsque j'étais en quatrième. J'entendais des voix, dont une qui se détachait des autres et qui me disait des horreurs. "T'es qu'une pute, tu aurais mieux fait de ne jamais venir au monde, personne ne t'aime, tu ne dois aimer personne, fais-toi du mal, fais du mal aux autres..." J'ai caché tout ça pendant un an, année terrible ou plus les semaines passaient, plus les voix devenaient horribles. Et puis, vers la Toussaint de mon année de 3e, j'ai pété un câble. On m'a emmenée aux urgences et j'ai commencé à être suivie par une infirmière psy. Je n'avais aucun médocs. Je déprimais, jusqu'au mois de décembre où j'étais super bien. Puis janvier est arrivé et j'ai commencé à déprimer...
Un de mes anciens profs, monsieur R, a vu mon mal-être. Je lui ai écrit une lettre de plusieurs pages en lui racontant tout ce qui s'était passé depuis la 4e (j'étais donc en 3e. Il était toujours au collège mais n'étant plus mon prof, on ne se croisait presque plus.) Le lendemain, il est venu me voir dans le couloir et il m'a dit:
"J'ai été surpris quand j'ai lu ta lettre. Mais je ne te laisserai pas dans la merde. On va trouver une solution. Rendez-vous demain dans ma salle à 14h."
J'avais perm là fois-là. J'étais super contente. Monsieur R, je le connaissais: il était très sensible et il pouvait donner sa chemise pour un élève. Il avait trois enfants, tous suivis par un psy pour des raisons diverses... Mais même sans ça, c'était lui qu'il me fallait. Car je me souvenais de ses cours et de la façon dont il parlait à ses élèves. Alors j'étais super contente.
Le lendemain, jesuis arrivée dans sa salle. On s'est installé face à face. Il m'adit qu'il avait été choqué quand il a lu ma lettre, car il n'imaginait pas tout ça... Il m'a dit qu'il était désolée. Nous avons parlé pendant une heure. Je me suis détendue. Il lisait en moi comme dans un livre ouvert.
On s'est revu plusieurs fois. Il a vu mes parents pour leur parler de mon orientation et de mon mal-être. On s'était même échangé nos numéros de portable. Il m'avait dit qu'à chaque fois que j'avais besoin de parler je pouvais lui envoyer un message. Je l'ai fait. Il était toujours de bons conseils et il me soutenait. Mais il n'était qu'un prof. Il m'a alors présenté l'assistante sociale du collège, en secret de ma famille bien entendu. ( Evidemment, les AS sont la réincarnation de Satan, tout le monde le sait.)
Mais je n'allais toujours pas bien. J'ai sombré un peu plus et je suis tombée dans le piège de la scarification. Et j'avais planifié un suicide. Un que je ne louperai pas, je le savais, vu les médocs qui étaient à ma disposition.
Et puis j'ai eu un autre rendez-vous de Monsieur R. Et tout a basculé.
La veille j'avais invité mon petit-ami, que l'on va appeler Bastien. Bastien et moi étions fous l'un de l'autre. Et lui était au courant de mon mal-être. Il a vu mes scarifications. Mais ce que je ne savais pas, c'était qu'il avait fouillé ans ma chambre et qu'il avait trouvé les lettres que j'écrivais pour mon suicide. Il a trouvé le numéro de Monsieur R et, dans mon dos, lui a expliqué la situation.
Et donc le lendemain j'ai vu Monsieur R, qui, tout en douceur, m'a fait avouer. J'ai passé plusieurs heures dans le bureau de la CPE en attendant l'infirmière. Lui, avait décidé de s'occuper de moi et n'est pas allé en classe. Je n'en croyais pas. L'infirmière est arrivée et elle m'a envoyé aux urgences. Trois jours après, j'étais hospitalisé en HP où je suis restée deux mois. On m'a interdit de reparler à Monsieur R. Après une seconde hospitalisation, on m'a diagnostiqué un trouble de l'humeur et on pense que c'est un trouble bipolaire de type 2. Le plus drôle, c'est que lorsque je parlais à Monsieur R d ma ma mère et de ses sauts d'humeur dû à sa douleur et sa maladie, il m'a dit que cela ressemblait à de la bipolarité. Quelle blague...
Aujourd'hui, on m'a dit que j'avais détruit la vie de Monsieur R. Par ma faute, il s'est pris un blâme. On m'a dit qu'il était anéanti à cause de cette histoire. Je ne comprends pas. Il a juste cherché à m'aider... C'est tout. Il a fait ce qu'il fallait, il m'a dirigée vers l'AS... Alors pourquoi?
Pendant la courte période où je suis retournée au collège, on s'est croisé deux fois. Une fois, dans le couloir, où nous nous sommes simplement dit bonjour, et une autre fois. Il m'avait ouvert la porte de la salle des profs alors que je cherchais l'infirmière..
Aujourd'hui, j'ignore ce qu'il pense de moi. Je me demande si ce n'est pas mieux que je ne le sache pas car je me demande si je serais capable d'affronter son regard bleu se durcir en me disant qu'il me déteste. Je m'en veux beaucoup. A l'époque, je ne lui voulais aucun mal. Dans le sens où je ne voulais pas lui faire de peine. Il comptait plus que tout. Ce que les autres n'arrivent pas à comprendre, c'es que jamais ô grand jamais je n'ai voulu qu'il remplace qui que ce soit. Ce n'est pas parce-que je ne supportais pas mon père que je le voyais comme un père adoptif. Et il ne jouait pas le rôle d'un petit-ami compréhensif. Non. C'était Monsieur R, juste lui, avec son vécu, sa douleur et sa sensibilité. Je l'admirais profondément. Un modèle, en somme.
Me dire que je l'ai détruit m'est insupportable. Mes voix me disent que toute la culpabilité que je ressens est ma punition, et que je la mérite. Pour une fois, je pense qu'elles ont raison.
Vous savez, j'ai toujours Bastien et ma famille. Je vais rentrer au lycée dans quelques jours et on me dit que je vais commencer une nouvelle vie. J'ai du mal à y croire, mais bon... Je n'ai plus grand-chose. Je suis en pleine phase de dépression et les traitements ne fonctionnent pas. J'en ai assez. J'en parlerai peut-être à un autre moment.
Je voudrais me faire pardonner. S'il refuse mes excuses, ce n'est pas grave. Je veux juste lui montrer que je regrette, mais je ne sais pas comment faire.
J'ai encore son numéro, son adresse... Mon petit-frère est encore au collège, mais ce n'est pas un pigeon voyageur. Je ne sais pas comment faire.
Alors voilà. Ceci est ma question, comment montrer à un adulte à qui je n'ai pas le droit de parler que je regrette de lui avoir détruit sa vie?
Désolée pour ce pavé, et merci d'avance.

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Attente
Profil : Quidam
oaril
  1. answer
  2. Posté le 01/09/2017 à 14:11:08  
  1. Prévenir les modérateurs en cas d'abus
 
Il a voulu t'aider, en faisant cela il s'est impliqué. Tu ne pouvais pas prévoir ce qui allait se passer.

Qui t'a interdit de lui parler ?
Tu pourrais lui faire une lettre, comme la fois où tu lui as expliqué ton mal être, non ?
Message édité par Oaril le 01/09/2017 à 14:11:54

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"Sommes-nous des cow-boys de l'Arizona dans un laboratoire ou des cobayes prenant l'horizon pour un labyrinthe ?"
Profil : Inconnu
emma_ldp
  1. answer
  2. Posté le 01/09/2017 à 23:15:04  
  1. Prévenir les modérateurs en cas d'abus
 
Merci pour ta réponse.
Tout le personnel du collège ainsi que mes parents m'ont interdit de lui parler.
Avec les conséquences que cette foutue histoire a eu, je me méfie de celles qu'une lettre peut avoir...

Attente
Profil : Quidam
oaril
  1. answer
  2. Posté le 02/09/2017 à 14:46:39  
  1. Prévenir les modérateurs en cas d'abus
 
Si tu veux lui parler, il va forcément falloir enfreindre cette interdiction. Lui dire que tu ne voulais pas que ça se termine comme ça peut t'aider à passer à autre chose. Les conséquences, tu ne les connais pas, tout comme tu ne connaissais pas celles que cette histoire aurait. Alors, peut-être vaut-il mieux laisser cette histoire derrière pour qu'elle appartienne au passé. Peut-être qu'après deux mois de vacances, il est passé à autre chose.

Tu penses que si tu n'avais pas fait cette lettre ça ne serait jamais arrivé. Mais ce qui est arrivé est le résultat de la somme de plusieurs actions, ta lettre n'est qu'un élément parmi tant d'autres qui y a contribué, rien d'autre.
Message édité par Oaril le 03/09/2017 à 09:53:02

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"Sommes-nous des cow-boys de l'Arizona dans un laboratoire ou des cobayes prenant l'horizon pour un labyrinthe ?"
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