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Témoignage : Les TCA ont gâché ma jeunesse

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n°81631
Kaisu
Profil : Etranger
kaisu
  1. answer
  2. Posté le 30/08/2017 à 20:09:37  
  1. Prévenir les modérateurs en cas d'abus
 
Bonjour, je n'ai plus vraiment l'âge de poster sur ce forum (je vais sur mes 23 ans) mais je voulais écrire un témoignage en réponse aux nombreux topics du style "je-suis-grosse-je-veux-perdre​-du-poids-voire-même-vomir".

Je suis tombée dans l'anorexie après un viol à l'âge de 12 ans. Quand j'ai voulu m'en sortir un an plus tard, en refusant l'aide des professionnels de santé, je suis tombée dans la boulimie. Je ne savais même pas que cette maladie existait alors je ne comprenais pas ce qui m'arrivait et j'avais très peur quand je me rendais compte que quatre paquets de biscuits ne suffisaient plus à me rassasier. Mais j'ai repris du poids donc "tout allait bien".
En même tant que je commençais à avoir peur que cette reprise ne s'arrête pas et que je finisse obèse, j'ai entendu parler de la boulimie dans un livre dans lequel l'héroïne se faisait vomir. Influençable, comme je l'étais à 13 ans, j'ai décidé de faire pareil.
A 15 ans, j'ai appris les effets dévastateurs que pouvait avoir cette maladie et notamment les vomissements sur l'organisme et j'ai décidé d'arrêter de vomir. Mes crises ont diminué en quantité et se sont espacées, j'allais beaucoup mieux. Mais je prenais quand même du poids et je suis montée à 58kg pour 1m67. Bien sûr c'était loin d'être trop haut que ce soit sur le plan de la santé ou sur le plan esthétique mais ça l'était pour ma mère qui s'est mise à me faire des réflexions soit disant bien intentionnées pour me mettre en garde contre cette prise de poids. "Regarde maintenant tes cuisses se touchent". "Tu n'es qu'un ventre sur pattes" "Je te préviens si tu grossis encore je ne rachèterais pas de pantalon" "Regarde-toi tu as presque un double menton"... Et j'en passe. Puis toute la famille s'y est mise "Kaisu si on la laissait manger comme elle voulait, elle serait aussi grosse qu'une Américaine", "Elle est tellement grosse qu'elle a cassé la balançoire"... Eh oui c'est ça de vivre dans une famille de corps parfaits quand on a le malheur d'être gourmande. Du coup j'ai recommencé à vomir mes crises et j'ai perdu 5kg tandis je prenais 3cm. A 16 ans je suis ainsi arrivée à 53kg pour 1m70.
Tout le monde me disait que j'étais parfaite, que j'avais un corps de mannequin. Mes amies m'enviaient. Pourtant je me sentais très seule et incomprise. Personne n'était au courant de mon secret honteux. Personne ne savait que je me faisais vomir minimum 4 fois par semaine.
Puis j'ai commencé à aller très mal à cause de ma phobie scolaire et de l'éloignement de la plupart de mes amis. Alors j'ai décidé de maigrir encore plus. De la boulimie, je suis repassée à l'anorexie restrictive. J'ai maigri rapidement puis stabilisé à 46kg. Mais les crises et les vomissements sont revenus puissance 1000 boostés par les privations que je m'infligeais au quotidien.
J'ai fini par parler de ma boulimie à l'infirmière de mon lycée qui a alerté ma mère car elle avait remarqué ma spectaculaire perte de poids et que même mes profs lui avaient confié leurs inquiétudes à ce sujet.
Ma mère m'a donc emmenée pour la première fois chez un professionnel, un pédiatre spécialisé dans les TCA des adolescents auquel je dois la vie. Il m'a diagnostiqué une anorexie-boulimie sérieuse et recommandée à une psychologue. Je le voyais tous les 15 jours et la psy une fois par semaine.
Mais j'ai continué à perdre du poids malgré les boissons HP delical que je devais prendre tous les jours :na: et le fait que je refusais de voir le nutritionniste spécialisé en TCA que me recommandais ma psychologue.
J'ai passé mon bade Français dans un état physique et psychique déplorable. D'ailleurs c'est justement parce que je devais passer ces p****** d'épreuves que ma mère a refusé que je sois hospitalisée. Puis un peu avant mon entrée en terminale j'ai fait une tentative de suicide médicamenteuse. J'ai alors eu droit à une prescription d'antidépresseurs et d’anxiolytiques aussi efficaces que des smarties. Et je me suis mise à faire des overdoses et à m'automutiler. En novembre 2011, alors que mon pédiatre était parti en mission humanitaire, ma psychologue m'a forcée à voir "un autre médecin". Cet autre médecin était une psychiatre qui dirigeait une petite unité pour adolescents à l'hôpital psychiatrique de ma ville. Elle m'a dit que mes overdoses auraient pu être mortelles et que certaines de mes plaies au avants-bras auraient nécessité des points de suture. Bref selon elle, j'étais en danger. Elle m'a fait hospitaliser le soir même. J'avais 17 ans et je pesais 41 kg pour 1m70.

A l'HP, je refusais de parler aux autres patients (qui me faisaient peur) et aux soignants. J'ai continué à perdre du poids jusqu'à descendre à moins de 37kg et de me retrouver avec une sonde. Furieuse, je l'arrachais régulièrement, vidais les poches dans les toilettes et m'enfermais encore un peu plus dans mon mutisme. Tout ça m'a valu une interdiction de permission pour noël. Je l'ai passé dans l'unité avec deux patients et deux infirmières que je détestais. Je ne m'étais jamais sentie aussi seule. Pendant cette hospitalisation, seules deux de mes amies sont venues me voir (une seule fois chacune) et la mère de l'une d'entre elle a appelé la mienne pour l'engueuler car mon amie avait été choquée de me voir si mal.

Au mois de janvier, admettant enfin que je ne progresserais dans son unité, ma psychiatre s'est mise à chercher avec mes parents un lieu plus spécialisé pour m'accueillir. Ils ont fini par trouver une clinique qui avait l'air géniale mais il fallait un imc de 14 minimum pour y entrer. On m'a donc gavé à l'aide de la sonde et cette fois je me suis laissée faire, sachant que ça allait me permettre d'enfin quitter cet hôpital horrible.
Sauf qu'une fois entrée à la clinique j'ai vite déchanté. Les "nombreuses activités" n'étaient que des activités sportives auxquelles les anorexiques n'avaient bien entendu pas droit. Les autres patientes ne sont pas venues vers moi et me rejetaient car je ne parlais pas "vêtement et maquillage". Tous les soirs j'appelais mes parents en pleurant pour qu'ils me fassent sortir mais ils refusaient de me reprendre à la maison tant que je ne serais pas "guérie. Je me suis donc gavée pour reprendre du poids le plus vite possible et sortir le plus vite possible. Comme ça n'allait pas assez vite à mon goût, j'ai traité la psychiatre qui me suivais de "connasse" et de "grosse pute" (ce quel était de mon point de vue) pour qu'elle me vire et ça a marché. Je suis sortie à 51kg trop contente mais pressée de repedre ce poids pour montrer à tout le monde et en particulier à mes parents que me faire enfermer contre mon gré était une solution de m****<br>
J'ai repris les cours mais comme j'avais prévu de redoubler à cause de tout ce que j'avais raté, j'en séchais la plupart pour manger et vomir ou simmplement aller lire des romans au CDI. J'ai recommencé à perdre du poids. J'ai aussi passé des examen qui m'ont appris que j'étais anorexique boulimique (tu parles d'une révélation :sarcastic: ), borderline et que j'avais de l'ostéopénie.

Au mois de mai, après m'être scarifiée très profondément, j'ai vu mon pédiatre en urgence qui a réussi à me faire avouer que même si le corps était presque guéri, dans la tête je n'avais jamais été aussi mal. Il m'a de suite hospitalisée dans son service. J'ai de nouveau eu droit à la sonde car je ne touchais pas à mes plateaux et que mon poids était descendu très bas (je ne me souviens plus à combien). Mais cette fois je l'acceptais car je me sentais presque bien en pédiatrie (j'ai bien dit PRESQUE, hein, faut quand même pas exagérer). Les infirmières étaient adorables et mon super pédiatre passait me voir dès qu'il avait un moment.
Fin 2012, je suis entrée à la clinique de soins-études des Cadrans solaires mais j'ai vite était renvoyée en pédiatrie pour être sondée car je ne mangeais rien. Nouvel essai et même scénario en janvier 2013. Au mois de mars, après être remontée à 46kg, j'ai été transférée dans une unité pour jeunes adultes dans un autre HP que la première fois. Je m'y plaisais beaucoup mais au bout d'un mois j'ai dû sortir par manque de place.
En juin j'y suis retournée mais je me suis vite retrouvée hospitalisée sous contrainte dans mon ancien HP, cette fois chez les adultes à cause d'une TS.Des fenêtres avec des barreaux, une grille qui barrait l'accès aux chambres en journée, des infirmiers qui se prenaient pour des matons... et surtout deux chambres d'isolement dans lesquelles je me suis retrouvée plusieurs fois, parfois attachée au matelas. J'hurlais, je pleurais mais ça ne faisait qu'aggraver mon cas. J'ai aussi subi des viols et des attouchements de la part de certains patients mais soit les soignants n'en n'avaient rien à faire, soit ils me traitaient de menteuse.

Puis je suis descendue à l'étage du dessous, le service "post crise" où les conditions étaient un peu moins difficile.
Pendant un moment j'ai fait des allers retours entre les deux services en fonction de mon état jusqu'à ce que, désespérée, je tente de mettre fin à mes jours. Plusieurs fois.

J'ai donc était transférée en février 2014 à l'UMD. UMD signifie unité pour malades difficiles. C'est dans ce type d'endroit que l'on enferme les criminels ayant des problèmes psy et les patients trop violents. Moi j'y étais parce que j'avais besoin d'être protégée de moi même mais les autres patientes (ce n'était pas une unité mixte) ne me croyaient pas car "c'est pas possible que tu sois là pour si peu".
Toutes les chambres étaient des chambres d'isolement. On n'avait pas le droit de choisir ses habits le matin. Les infirmiers nous surveillaient dans la douche et décidaient quel jour on pouvait se laver les cheveux. Les livres, cahiers, stylos, peluches, musique... étaient interdits dans les chambres (dans lesquelles on passait la plupart de notre temps). On avait droit à 10 minutes de téléphone par semaine et 1 heure de visite tous les 15 jours... Au moindre faux pas on se retrouver enfermée en chambre plusieurs jours. Un jour j'ai mes nerfs ont lâché et j'ai crié. Résultat : j'ai passé plusieurs semaines attachée à mon lit.
Bref c'était pire que l'armée mais ils se foutaient des TCA. Je suis redescendue en dessous de 40kg sans que personne ne s'alarme et il laissaient également une autre anorexique se faire vomir après chaque repas.

J'y suis restée 7 mois et en suis ressortie traumatisée. Je suis retournée dans le service post crise qui me paraissait être le paradis comparé à ce que j'avais vécu là bas. En plus, un psychiatre que je ne connaissais pas revenait de congé maladie et a commencé à me suivre. J'étais un peu réservée au début mais je l'ai vite trouvé génial et lui aussi m'a sauvé la vie (contre mon gré car grâce à la sonde mais aujourd'hui je ne lui en veux plus, au contraire j'ai un très grand respect pour lui). Depuis je rentre et je sors du service post crise. Ma dernière hospit a duré 9 mois et s'est terminée il y a 4 semaines. Mon psychiatre est juste génial et j'ai énormément avancé grâce à lui. Je me considère même en rémission de mes TCA.

PAR CONTRE tout ça pour dire que : j'ai passé mon adolescence à être obnubilée par la bouffe mon passage à l'âge adulte qui aurait dû être l'apogée de ma vie, a eu lieu dans les hôpitaux et les cliniques. J'ai 22 ans, bientôt 23, ni bac, ni ami ni permis de conduire. Merci les TCA

A toutes celles qui se trouvent grosses : ne foutaient pas votre vie en l'air pour quelques kg. On bascule très vite "du mauvais côté" quand on croit contrôler.
Message édité par Kaisu le 30/08/2017 à 22:27:58

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http://ensevelissement.skyrock​.com/
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n°81636
titi44390
Profil : Inconnu
titi44390
  1. answer
  2. Posté le 03/09/2017 à 22:45:22  
  1. Prévenir les modérateurs en cas d'abus
 
je voulais juste vous raconter mon anorexie de 13 a 15 ans .à l ' age de 12 ans ma mère a décider de me retirer de l ' école de de me faire suivre des cours par correspondance au debut je trouvais ça cool mais j ' ai vite déchanté anglais par cassette les maths compliques personne pour m ' expliquer et l ' isolement complet en campagne bien sur pas question de faire du sports ou autre activité ma mère ne voulais pas j ' étais en plus la dernière de la famille arrivé 10 ans après les autres 3 soeurs et 1 frère ils étaient tous mariés . j ai demandé à ma mère pour retourner au collège mais riens a faire on était loin ils ne pouvait pas payer le car et la cantine du coup . je me suis fermée de plus en plus jusqu a tombé dans une dépression j ' ai perdu l ' appétit et je voyais que ma mère était vexée .inconsciemment je voulais lui faire mal car elle voyait pas mon mal être elle ne l ' entendait pas et je suis tombée dans l ' enfer de l ' anorexie avec les angoisses les peurs chaque jour j ' esperai m ' endormir et ne jamais me réveiller mes frère et soeurs m ' accablaient au lieu de m' aider personne n'a bougez pour m ' aider ils disaient que c ' était de ma faute que je n ' avais qu' a manger non seulement j ' étais seule mais personne n ' a entendu mon appele au secours j ' ai perdu beaucoup de kilos de force et d ' envie de vivre je me laissais mourrir tout doucement ma soeur m ' a annoncer quelle était enceinte et qu' il fallait que je m ' en sorte elle voulait que je soit la marraine du bb. mais j ' étais trop faible pour en avoir l ' envie et le 16 août mon filleul a pointé son petit nez je l ai pris dans mes bras pourtant épuisé et je suis tombée sous le charme ce petit être de 3kgs ne me jujeai pas et j ' ai voulu me battre pour voir son premier sourir et comme lui je mangeais des petites quantités tt les 2h et un peu plus chaque jours bien-sûr seule jamais devant quelqu'un pour moi j ' avais honte de manger et peur surtout. a chaque fois que mes angoisses venaient je pensais fort a lui mon rayon de soleil dans l ' enfer. je voulais voir chaque gandes etapes de sa vie ses premiers mots premier pas
j ' ai repris des kilos j ' ai rechuté l
et j ' ai repris le combat à été long et dur mais j ' ai gagné la victoire avec une belle récompense j ' ai maintenant 41 ans 5 enfants les plus beaux lol et une passion pour la cuisine je leur fais pleins de bons petits plats mon passé j ' en ai fais ma force .je suis complètement guérie depuis 24 ans et je revit depuis 27 grâce à mon rayon de soleil
Jeremy mon ange gardien mon filleul. bon courage a tous ceux qui connaissent l ' enfer de l ' anorexie accrocher vous a ce que vous pouvez pour suporter vos angoisses. il y a l ' après j ' en fais parti et c ' est que du bonheur .bien sur il y a des jours ou je pleure je penses a tout ce que j ' ai subi entendu les regards dans la rue les voisins qui parles ma mère qui avait honte de moi dans la rue et j ' en voudrais toujours un peu à mes soeurs et mon frère de ne pas avoir vu mon appelle au secours.

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