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Reflet

Prévenir les modérateurs en cas d'abus 
One chance, one opportunity, to do everything you
Profil : Inconnu
didileroy
  1. answer
  2. Posté le 23/07/2018 à 23:13:23  
  1. Prévenir les modérateurs en cas d'abus
 
Je m’observe beaucoup. Trop, éventuellement. Il peut s’agir d’un miroir, d’un reflet dans une vitre, ou même de mon ombre sous les différents angles et perspectives qu’offrent ma position par rapport à celle du Soleil. À priori, j’évalue l’évolution de mon corps, ses mouvements et sa progression. Mes proportions aussi. J’imagine que, comme la plupart d’entre nous, c’est un élan quelque peu narcissique qui me pousse à me parcourir des yeux, et bien qu’il puisse être difficile de l’admettre, cette vérité n’est -je pense - jamais très loin.
Mais plus je pense à ces reflets, plus je passe devant mes miroirs, et plus un paradoxe me vient à l’esprit. Le miroir est objectif. Il ne nous ment pas et n’émet aucun jugement. Ce qu’il nous renvoi est une image fidèle et personnelle de ce que nous sommes, là, à l’instant où nous nous scrutons. Et pourtant, c’est pour se rendre compte de notre image en société, ou afin de la modeler au possible, que nous passons le plus de temps devant notre jumeau de glace. Vous comprenez ? Je sais que pour ma part, je me souci beaucoup de comment je paraît devant ceux qui me sont chers. Et même devant de parfaits inconnus auxquels je ne dois rien, seulement dans l’éventualité d’un contact. J’ignore si c’est pour faire plaisir, ou pour me crédibiliser par manque de confiance qu’une fois devant le miroir, je cherche la meilleure version de moi, celle à donner aux autres, quitte à enfouir la frustration de n’être moi-même qu’avec moi-même. Le paradoxe et donc celui de se trouver devant un reflet fidèle de sa propre personne dans le seul but de déterminer quel masque enfiler et l’image à présenter à autrui. Je trouve ça terrible. Un exemple qui m’agace est le mien. Ainsi, lorsque je cours et que je m’exerce à une pratique que je chéri, les moments les plus difficile psychologiquement sont ceux passés en agglomération, où la probabilité d’être observé est la plus forte. Je prend alors garde à magnifier au mieux ma foulée, à ajuster l’alignement de mes bras, et parfois même je m’efforce de faire transparaître un plaisir exagéré, rien qu’à cause de cette crainte de mon image. Comment m’y prend-je ? Je scrute mon ombre, je cherche une vitre, quelque chose pour m’analyser. Lorsque je suis en groupe, j’ai honte de le faire. Et cette honte me fait revenir à l’idée initiale : celle du narcissisme que je refuse d’admettre parce qu’au fond, ou plutôt lorsque je m’observe avec du recul, je ne m’aime pas.

Nous arrivons là à la véritable raisons pour laquelle mes doigts martèlent ce clavier d’ordinateur. Le « pourquoi écrire ça ? ». Une fois de plus il y a quelque chose (parmi tant d’autres) que j’ignore. Vous autres, qui n’êtes pas moi, arrivez-vous aussi à vous voir d’au-dessus, à faire le point sur comment vous êtes ou comment vous avez pu être. Arrivez-vous à être votre propre miroir, à vous scinder pour détacher votre sens du jugement de votre corps et de votre manière de pensée ?
Et si oui, car je ne me prétend surtout pas unique mais intrigué par la question, en arrivez-vous aussi à quelque chose de désagréable ? Vous est-il déjà arrivé de vous dégouter au point de vouloir souffrir ? Vous en êtes vous déjà voulu de penser comme vous pensez, de sourire bêtement aux gens comme vous le faites, par timidité ou stupidité ? T’es-tu déjà douté que la sincérité de l’amour que je te porte puisse m’amener à de telles interrogations ? Et je me dis n’avoir jamais connu quelqu’un être heureux avec celui ou celle qu’il aime en ayant un tel raisonnement. Je m’en veux. Parce que j’aspire à ton bonheur et à la tendresse. Parce que je veux apprendre, grandir, vivre, construire et vieillir avec toi. Parce que je t’aime et que je n’ai de cesse de me défiler. Qu’une fois encore je met en priorité l’expression d’une souffrance absurde plutôt que de te proposer un rendez-vous.
Parce qu’enfin lorsque je me regarde dans la glace, je cherche mes erreurs et ma tristesse. Je cherche le pourquoi de mes faiblesses et ce qui me retient de te tenir la main en plongeant mes yeux dans les tiens.
Finalement pour moi le miroir est chaque jour un moyen de constater que je ne te mérites pas, et de m’en vouloir de penser ça. Tu me le confirme à chacune de nos trop breves entrevues. Toi, tu m’apportes tant au quotidien depuis des années. J’ai l’impressions d’avoir traversé et vécu des moments forts en ta présence. Seulement aujourd’hui, je suis encore malade. Torturé par un miroir vicieux et mes écrits qui ne combleront pas le vide de ton absence alors que tu sembles si proche. Te le dires est sans doute la solution, mais j’ai peur de ma sensibilité qui menace de te faire ressentir de l’empathie au lieu de l’affection. Je ne saurai t’énoncer toutes les fois où j’ai tressailli à cause de ta proximité, puis les instants de bonheur passif mais frustré à t’écouter parler et rire.

Wolinski a dit un jour qu’« il est des instants d’amitié qui ont la douceur d’une rose sans épine » mais les plus belles fleurs sont souvent inaccessibles et il me faut bien me montrer digne de tes vertus pour qu’ensemble nous nous regardions un jour dans un miroir.

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